LVMH affirme ne pas vouloir partir en guerre contre Hermès
Pacifiste» mais pas «passif». Lors de la présentation vendredi des résultats 2010 de LVMH, Bernard Arnault, le président du groupe de luxe, s’est évidemment exprimé sur l’entrée au capital d’Hermès à hauteur de 20,2%. «Nous ne serons jamais un actionnaire activiste. Ne comptez pas sur nous pour être agressifs en quoi que ce soit», a répété le dirigeant pour tenter de réduire les tensions entre les deux groupes. Il a d’ailleurs assuré que le niveau de la participation de LVMH n’avait pas évolué et que le groupe n’avait pas racheté d’actions depuis sa dernière déclaration de franchissement de seuil, le 21 décembre 2010.
Choquée par l’irruption de LVMH à son capital, dans des conditions peu transparentes grâce à l’emploi d’equity swaps, la famille dirigeante d’Hermès souhaite constituer une holding familiale non cotée qui permettrait aux héritiers de vendre, si besoin, leurs titres. Le mécanisme renforcerait encore un peu plus le contrôle sur un groupe déjà protégé par un statut de commandite par actions. Patrick Thomas, gérant d’Hermès, a bien reconnu la semaine dernière dans une interview à Challenges, que LVMH «peut être un actionnaire d’Hermès sans vouloir en prendre le contrôle» mais il a ajouté que «20% et plus, c’est trop».
Si la cour d’appel de Paris doit encore se prononcer sur la légalité de cette défense, LVMH n’a pas d’autres choix que de jouer la carte du pacifisme et de la patience. Samedi, Le Figaro rapportait que «des contacts ont été noués entre LVMH et Hermès depuis une dizaine de jours, par banquiers et avocats conseils interposés, pour trouver un terrain d’entente». Une OPA hostile n’a aucune chance d’aboutir. Et la brutalité de l’accès au capital de LVMH a eu pour effet d’unir un peu plus les actionnaires familiaux. Pour tenter de se disculper, Bernard Arnault a répété qu’il avait été «surpris lui-même de se retrouver actionnaire» (sic), invoquant la complexité des opérations réalisées par les banques (Société Générale, Natixis et Crédit Agricole) ayant permis d’accumuler 17% du capital sans déclarer de franchissement de seuil.
«Nous pouvons établir, si les conditions s’améliorent, des relations constructives avec la famille et les dirigeants dans lesquelles, tout en restant en dehors de la gestion (...), nous pouvons apporter un certain nombre d’avantages au niveau stratégique et opérationnel, si elle le souhaite», a assuré Bernard Arnault. Pour l’instant, les résultats d’Hermès plaident pour son indépendance. Le groupe a amélioré de 300 points de base sa marge opérationnelle courante l’an dernier à 27,2%. Celle de LVMH n’a progressé que de 160 points de base à 21,3%.
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