L’union Porsche - Volkswagen se heurte à des obstacles juridiques
Les chausses-trappes se multiplient sur le chemin de la fusion entre Porsche et Volkswagen. Le groupe de Wolfsburg, qui a franchi un premier pas en décembre en s’emparant de 49,9% de la branche de voitures de sport de Porsche pour 3,9 milliards d’euros, risque de devoir faire preuve de patience.
«Comme vous le savez, il nous faut encore surmonter un obstacle fiscal et plusieurs autres d’ordre juridique», a déclaré mardi Martin Winterkorn, président des directoires de Volkswagen et de Porsche. L’écueil fiscal, qui se traduirait par une imposition beaucoup plus importante en cas de fusion avant fin 2014, fait l’objet de discussions avec les autorités allemandes. Quant aux plaintes déposées outre-Atlantique par 35 fonds d’arbitrage qui s’estiment lésés dans le cadre de l’échec du rachat de Porsche, elles doivent être examinées par un tribunal en janvier.
Malgré ces obstacles, Martin Winterkorn ne s’annonce pas vaincu. «Je souhaite être très clair: le groupe automobile intégré verra le jour», a-t-il affirmé. «Cependant, il est possible que la fusion ne s’accorde pas avec le calendrier ambitieux qui a été établi», a ajouté Dieter Poetsch, directeur financier de Volkswagen.
Au cas où la concrétisation du rapprochement deviendrait trop difficile, le scénario initial prévoit une alternative: le rachat par Volkswagen du solde du capital de la branche de voitures de sport qu’il ne détient pas encore (50,1%), à compter du 15 novembre 2012. «Si cette option, qui n’a jusqu’à présent été que théorique, devait être retenue, Porsche continuerait à reposer sur un socle financier solide», a estimé Martin Winterkorn.
Les déboires des deux groupes laissent par ailleurs planer une incertitude sur plusieurs opérations planifiées pour 2011. Porsche a prévu de lancer une augmentation de capital de 5 milliards d’euros entre janvier et juin, à laquelle participeront les familles Porsche et Piech. Le groupe de Stuttgart demandera en novembre à ses actionnaires d’approuver l’émission de 2,5 milliards d’euros de nouveaux titres (ordinaires et préférentiels). Des obligations convertibles pourraient également être offertes.
L’objectif consiste à réduire la dette de Porsche, qui s’élevait à 6 milliards d’euros au 31 juillet, et à rembourser un prêt bancaire de 2,5 milliards d’euros qui arrive à échéance fin juin 2011. Les établissements créanciers ont d’ores et déjà donné leur feu vert à un délai de grâce de quatre mois au cas où l’appel au marché serait retardé.
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