Lufthansa renonce brutalement à son objectif de résultat annuel
Lufthansa a totalement pris le marché à revers hier, en pleine séance. Alors que la compagnie aérienne allemande tient aujourd’hui à Zurich sa réunion annuelle avec les investisseurs, la direction du groupe a prévenu dans un court communiqué que la prévision de résultats pour 2011 ne sera pas tenue. Une annonce d’autant plus brutale que le 30 août dernier Christoph Franz, le directeur général de la deuxième compagnie aérienne européenne, avait une nouvelle fois confirmé son objectif de faire progresser cette année le résultat opérationnel (ebitda) par rapport aux 876 millions d’euros dégagés en 2010. Désormais, il n’attend plus qu’un résultat opérationnel supérieur à 500 millions d’euros. Logiquement, le cours de l’action Lufthansa a subitement décroché de 6,78% en séance pour finir en baisse de 4,18% à 10,31 euros, entraînant avec elle les valeurs du secteur, dont Air France-KLM (-3,67% à 5,74 euros).
A l’origine de ce brusque revirement décidé lors d’un conseil d’administration hier: un mois d’août exécrable dans l’activité transport de passagers. Mesuré en «passager kilomètre transporté» (PKT), le trafic du groupe a progressé de 5,7% sur un an en août mais cela n’a pas suffi à absorber l’augmentation des capacités, qui s'élevait à 8,4%. Or, compte tenu de la dégradation économique, cet écart entre trafic et capacité risque de mettre plusieurs mois à se réduire. Dans son communiqué d’hier, la direction de Lufthansa a indiqué avoir déjà «adopté une série de mesures visant à réduire les capacité prévues pour l’hiver 2011-2012». La croissance des capacités pourrait être abaissée à 6%, deux fois moins que prévu en début d’exercice.
Sans attendre la réunion d’aujourd’hui, qui s’annonce tendue, les analystes ont fait part de leur mécontentement hier. Geoff van Klavaren, chez Deutsche Bank, a prévenu que le consensus de bénéfice pour 2011 doit au moins être abaissé de 18% et probablement plus encore pour 2012. Selon Credit Suisse, d’autres compagnies pourraient subir la même mésaventure que Lufthansa. Au début du mois, Air France a confirmé viser un résultat d’exploitation positif cette année grâce à la réduction de ses capacités. Mais pour protéger sa prévision, la direction de la compagnie a annoncé la mise en œuvre de nouvelles mesures d’économies dont le montant pourrait atteindre 700 à 800 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Apollo embarque Athora et l’Adic dans sa nouvelle machine à prêter européenne
Le gestionnaire américain lance European Credit Company, dotée de plus de 10 milliards d’euros de capacité de prêt, avec l’Adic, Athora, Norinchukin, Standard Chartered et une filiale de Temasek. -
Alphabet précède l’émission obligataire de Meta sur le marché euro
La maison mère de Google a réalisé lundi sa quatrième transaction obligataire sur le marché euro en un an et demi. Meta devrait suivre en dollar et en euro pour une transaction inaugurale sur six tranches. -
Ryanair réfléchit à de nouvelles pistes de réduction de coûts
Malgré une croissance de 4% de son chiffre d’affaires trimestriel, la hausse des prix du kérosène a entraîné un repli de 6% de son bénéfice après impôts.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3 -
EditorialLFI, le mensonge au quotidien
Les émules de Donald Trump ne sont pas toujours ceux que l’on croit