Louis Dreyfus se prépare à faire appel au marché obligataire
Louis Dreyfus persiste et signe. Le courtier en matières premières agricoles n’entrera pas en Bourse. «Mon objectif principal est d’assurer la survie de l’entreprise et de son nom sur le long terme», explique au Financial Times Margarita Louis-Dreyfus, présidente du groupe éponyme depuis le décès de son époux en 2009.
En revanche, pour la première fois depuis sa création en 1851, le groupe familial s’apprête à faire appel au marché. «Nous disposons d’un bilan solide mais nous voulons diversifier nos sources de capitaux [y compris] en émettant des obligations», a déclaré Serge Schoen directeur général de Louis Dreyfus au quotidien britannique. Le groupe n’a pas encore fixé de calendrier, ni de montant à lever, mais les premières estimations évoquent environ 500 millions de dollars (389 millions d’euros) dans les prochains mois, selon le FT.
En effet, le groupe prévoit un bond de 40% de ses investissements, y compris les acquisitions, sur les cinq prochaines années avec une enveloppe de 7 milliards de dollars, par rapport aux 4,9 milliards dépensés pendant la période 2006-2011. Ces opérations seront financées par les marchés de capitaux et par le cash-flow. Toutefois, le groupe ne publie pas ses comptes. Son directeur général a seulement dévoilé deux chiffres au FT : En 2011, Louis Dreyfus a vu son chiffre d’affaires progresser de 29% à 59,6 milliards de dollars, tandis que son bénéfice net a reculé de 30% à 735 millions, affecté par la faiblesse des bénéfices dans le sucre.
En outre, Serge Schoen envisage la cotation de LDC-SEV, la société brésilienne de canne à sucre, détenue à 65% par Louis Dreyfus. Elle a déposé vendredi dernier sa demande officielle auprès de la Bourse de Sao Paulo. «Cela ne signifie pas que c’est sûr, mais cela signifie que la route est ouverte pour l’introduction de notre filiale», précise-t-il au FT.
Ces perspectives s’inscrivent dans un contexte de rapide consolidation du secteur où Louis Dreyfus veut conserver sa place de leader mondial aux côtés d’ADM, Bunge et Cargill, formant ensemble le club «ABCD». Ainsi, Glencore a racheté en mars dernier le spécialiste canadien de l’exportation de grains Viterra pour 4,6 milliards d’euros. Et le japonais Marubeni est en discussions avancées pour acquérir le courtier en céréales et en énergie américain pour une valeur d’entreprise de 5,2 milliards de dollars.
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