Louis Dreyfus s’appuie sur le marché obligataire pour accélérer ses investissements
Après avoir défriché le marché obligataire en septembre 2012, via une émission de dette hybride d’un montant de 350 millions de dollars, le premier appel au marché de l’histoire centenaire du groupe, Louis Deyfus Commodities élargit sa base d’investisseurs et son mode de financement, jusque-là très bancaire et très local. Le courtier en matières premières agricoles, numéro un mondial du coton, a placé fin juillet pour 400 millions d’euros d’obligations, dans le haut de la fourchette initialement envisagée (300 à 400 millions d’euros). Signe que le changement à la direction générale, avec le départ de Serge Schoen en juin, n’a pas bouleversé les investisseurs.
De maturité juillet 2018, les titres offrent un coupon fixe de 3,875%. Ils ont été majoritairement souscrits (51%) par des assureurs et des fonds de pension, pour la plupart français et britanniques. Les obligations sont cotées à la Bourse de Luxembourg. Le placement était dirigé par BNP Paribas, ING, Natixis et SG CIB.
Avec cette levée de dette, Louis Dreyfus Commodities se donne de nouveaux moyens pour financer ses investissements, internes ou par acquisitions. Au cours des trois dernières années, le courtier a investi près de 1,7 milliard de dollars, un rythme qu’il compte accélérer pour accroître sa présence sur certains marchés, comme les huiles ou le sucre, et plus particulièrement en Asie et en Afrique. Des investissements sur de nouveaux segments, notamment les produits laitiers, ne sont pas exclus. Le groupe a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 57,14 milliards de dollars, en léger repli de 1% en raison d’une baisse des prix, les volumes ayant augmenté de 7%. Son bénéfice opérationnel a progressé de 7%, à 2,31 milliards et son bénéfice net de 25% à 1,1 milliard. Fin 2012, Louis Dreyfus Commodities portait 8,7 milliards de dollars de dette brute, dont 2,6 milliards à long terme et 62% au-delà de 2014. Sa dette nette ajustée s’élevait à 2,8 milliards, soit 0,59 fois ses fonds propres. Elle était de 2,4 milliards fin 2011.
L’appel au marché obligataire plutôt qu’à la Bourse permet de préserver le contrôle de l’actionnariat familial, via la fondation Akira contrôlée par Margarita Louis-Dreyfus, l’épouse de Robert Louis-Dreyfus, décédé en 2009. Akira détient 65% du holding de tête de Louis Dreyfus Commodities. Le solde du capital est détenu par les managers et les salariés.
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