« L’orientation qu’Imerys a donnée au marché reste notre objectif »
L’Agefi : Quel est l’impact des turbulences de marché sur votre activité ?
Gilles Michel : En instantané, nous n’observons pas d’impact matériel visible de cette crise des marchés financiers sur l’activité réelle. Le niveau d’activité d’août n’a pas été affecté et celui du mois de septembre est globalement en ligne avec ce que nous avons connu dans les deux ou trois derniers mois. Cela étant, nous portons une grande attention aux signaux faibles (discrets) que nous pouvons recevoir de la part de nos clients, par exemple dans la sidérurgie ou la construction automobile. Dans ce contexte, nous appliquons une gestion serrée de nos stocks et de nos coûts fixes, de façon à ne pas être inutilement exposés. Mais la dynamique reste solide à ce stade, il n’y a pas de surstockage dans le dispositif et l'évolution du prix/mix devrait couvrir celle des coûts variables au second semestre. L’orientation que nous avons donnée au marché (une croissance du résultat courant net supérieure à 20% sur l’ensemble de l’exercice, ndlr) demeure donc notre objectif.
Vous avez finalisé l’acquisition des talcs de Luzenac en août. Quelle stratégie de croissance comptez-vous poursuivre ?
Le projet d’intégration de Groupe Luzenac se déroule comme prévu et nous sommes confiants sur la capacité de cet actif à créer de la valeur en deuxième année pleine. Il s’agit d’une opération de renforcement qui va venir enrichir plusieurs secteurs applicatifs où nous sommes déjà présents (plastiques et polymères, papier, peintures, céramiques techniques…). Nous continuerons à aller chercher des opérations de croissance externe, y compris dans les pays émergents. En Chine, en Inde et au Brésil, nous venons ainsi de mettre en place des équipes resserrées en charge de promouvoir le développement. La croissance interne devra également être un contributeur fort et récurrent à l’évolution du groupe. Nous avons en particulier décidé d’accroître nos efforts sur l’innovation, son résultat étant une composante non négligeable du couple prix/mix.
Comment se porte la structure financière du groupe ?
Le coût de l’acquisition de Groupe Luzenac (232 millions d’euros) est à peu près équivalent à ce que le groupe génère en cash-flow libre en une année. Cette opération sera absorbée relativement rapidement et n’obère donc pas notre marge de manœuvre. Nous disposons à ce jour d’environ un milliard d’euros de financement bancaire disponible.
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