L’opération entre Vodafone et Verizon devrait être officialisée ce lundi
Le suspense touche à sa fin. Les négociateurs dépêchés par Vodafone et Verizon ont conclu ce week-end les grands principes d’un accord portant sur leur coentreprise américaine. Verizon versera quelque 130 milliards de dollars au groupe britannique pour les 45% que ce dernier détient Verizon Wireless, dont près de la moitié en numéraire et l’autre en titres Verizon. Selon le Wall Street Journal, le conseil d’administration de Vodafone s’est réuni hier pour entériner la transaction, tandis que celui de Verizon doit se réunir ce matin. Une annonce officielle pourrait donc intervenir dès la clôture du marché boursier londonien. Dans un communiqué hier soir, Vodafone a reconnu des discussions «avancées», soulignant qu’un accord n'était pas garanti.
Le Financial Times indique que les banquiers de Verizon, parmi lesquels figurent JPMorgan, Morgan Stanley, Bank of America Merrill Lynch et Barclays, devraient réunir plus de 60 milliards de dollars de dette pour financer l’opération. Guggenheim Partners, conseiller de longue date de Verizon, serait impliqué, de même que Paul Taubman, ancien coresponsable de la division titres de Morgan Stanley. Vodafone est pour sa part épaulé par Goldman Sachs et UBS. Toujours selon le FT, entre 20 et 30 milliards de dollars seraient levés via le marché obligataire, tandis que le solde proviendrait de prêts bancaires.
Une telle opération, qui se classerait derrière les acquisitions de Mannesman en 1999 et d’AOL l’année suivante, permettrait à Verizon de ne plus avoir à partager les fruits tirés de sa filiale Verizon Wireless. Pour le patron de Vodafone, Vittorio Colao, elle marquerait un point d’orgue dans sa volonté de rationaliser les activités du groupe à travers le monde. Et lui donnerait les moyens d’accélérer son offensive en Europe et de contenter au passage les actionnaires.
Citigroup a déjà sorti sa calculette et estime que si Vodafone retire entre 116 et 132 milliards de dollars de la vente de sa participation, le groupe pourrait distribuer 40 milliards de dollars en cash et en titres Verizon à ses actionnaires, et disposer encore de 30 à 38 milliards de dollars après avoir réglé ses charges fiscales et diminué sa dette. Avec un tel pécule, Fastweb en Italie ou Ono en Espagne pourraient rapidement changer de propriétaire, anticipent les analystes. Mais au-delà de la croissance externe, les efforts de Vodafone pourraient aussi passer par des investissements conséquents dans la 4G.
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