L’onde de choc du scandale Autonomy n’a pas fini de secouer HP

Les analystes s’attendent à des répercussions au niveau de la direction et à une refonte du modèle du groupe
Olivier Pinaud
L'onde de choc du scandale Autonomy n'a pas fini de secouer HP.
L'onde de choc du scandale Autonomy n'a pas fini de secouer HP.  - 

HP ne sortira pas indemne de l’affaire Autonomy. En dehors de la perte boursière immédiate, limitée hier grâce à un léger rebond de l’action, de nombreux analystes sont persuadés que la dépréciation massive de 8,8 milliards de dollars liée au rachat de l’éditeur de logiciels britannique provoquera d’importants bouleversements pour le groupe d’informatique dans les prochaines semaines.

Si les principaux dirigeants à la manœuvre lors du rachat d’Autonomy en août 2011 ont depuis quitté HP, JPMorgan s’attend à de nouveaux départs, sous la pression des actionnaires qui ont vu le cours de l’action chuter de 64% depuis cette opération.

Contestée, l’acquisition d’Autonomy a été dirigée par Leo Apotheker, l’ancien directeur général de HP, qui a démissionné de son poste quelques semaines seulement après le rachat. Mais l’opération avait été approuvée par le conseil d’administration du groupe d’informatique dont les onze membres actuels étaient tous autour de la table à l’époque. Seule Dominique Sénéquier, directrice générale d’Axa PE, a par la suite démissionné du conseil d’administration un an après y avoir été nommée.

L’affaire Autonomy soulève également une série de questions sur la solidité du bilan de HP. Le groupe conserve encore 22 milliards de dollars de fonds propres. Mais il affiche toujours 35 milliards de dollars de survaleurs à son bilan, malgré un total de 18 milliards de dépréciations lors de l’exercice 2011-2012. Ces survaleurs, résultats d’une frénésie d’acquisitions ces dernières années pour tenter de suivre le modèle d’IBM ou d’Oracle, représentent 1,5 fois la capitalisation boursière du groupe.

Enfin, alors qu’Autonomy était censé dynamiser le chiffre d’affaires et les marges, HP reconnaît implicitement son erreur. Certains analystes remarquent d’ailleurs que le groupe a passé 5 milliards de dollars de dépréciations en raison de «manipulations» comptables présumées de seulement quelques centaines de millions de dollars.

La dépréciation résulterait donc surtout des piètres performances d’Autonomy, en tout cas largement inférieures à ce que HP était en droit d’espérer pour une entreprise achetée 11 milliards de dollars, soit plus de 20 fois son Ebitda.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...