L’objectif d’Alcatel-Lucent de s’autofinancer en 2011 devient crédible
Une envolée de 18% du cours de l’action comme hier en séance n’est pas nécessairement le signe d’une entreprise «normale» comme le souhaiterait Ben Verwaayen, le directeur général d’Alcatel-Lucent. Pourtant, l’équipementier en télécoms franco-américain s’approche petit à petit de la normalité. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 22,6% à 4,86 milliards d’euros, une marge d’exploitation de 8,1% et un cash-flow libre de 319 millions d’euros, le quatrième trimestre 2010 est «le meilleur jamais réalisé par le groupe depuis la fusion entre Alcatel et Lucent en 2006», se félicite Ben Verwaayen, aux commandes depuis septembre 2008.
Surtout, comme le résume l’analyste de WestLB, l’équipementier «apparaît bien plus crédible», à la fois dans sa phase de redressement et dans sa capacité à tirer profit de la croissance du marché en 2011.
Jusqu’à cette publication, les investisseurs se demandaient en effet si un groupe qui a systématiquement perdu de l’argent depuis sa fusion, à l’exception de quatre trimestres, parviendrait un jour à tenir ses objectifs d’équilibre d’exploitation et d’autofinancement. Le premier a été réalisé en 2010, de justesse, avec un bénéfice d’exploitation publié de 2 millions d’euros. Le second devrait l’être en 2011, a réaffirmé avec un peu plus d’assurance Paul Tufano, le directeur financier d’Alcatel-Lucent.
De quoi lever une réelle inquiétude sur les finances du groupe. En 2010, malgré un important travail sur le besoin en fonds de roulement, le groupe a encore consommé 818 millions d’euros de trésorerie. Or, avec 377 millions d’euros dans ses caisses à fin décembre 2010, l’équipementier ne peut plus se permettre de brûler autant de cash. En s’autofinançant sur l’intégralité d’un exercice, Alcatel-Lucent redeviendrait une entreprise «normale» et ferait disparaître la crainte d’un nouvel appel au marché qui pesait régulièrement sur le titre depuis deux ans.
En septembre 2009, le groupe avait certes émis pour 1 milliard d’euros d’«Oceane». Mais compte tenu de ses échéances, principalement le refinancement partiel des obligations convertibles 4,75% échues le 1er janvier 2011, le groupe avait été contraint de placer une nouvelle ligne obligataire à haut rendement en décembre 2010, d’un montant de 500 millions d’euros portant un coupon de 8,5%.
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