L’italien Finmeccanica se donne les moyens d’accélérer sa réorganisation
Le nouveau patron de Finmeccanica a les mains libres pour accélérer la restructuration du deuxième groupe industriel d’Italie. Directeur général depuis mai dernier, Giuseppe Orsi a été nommé jeudi soir au poste de PDG par le conseil d’administration du conglomérat, dont l’Etat italien détient 32%. Cumulant les deux fonctions, il remplace à la présidence Pier Francesco Guarguaglini qui a remis sa démission, fragilisé par des soupçons de corruption touchant plusieurs filiales du groupe, dont l’une était dirigée par son épouse. Il a obtenu une indemnité de départ de 4 millions d’euros plus «une indemnité de non-concurrence de 1,5 million versée au bout d’un an».
Les analystes de Banca Akros saluent cette évolution en estimant que Giuseppe Orsi sera en mesure de «poursuivre le reprofilage du portefeuille d’activités» en évitant «tout problème de dyarchie au sommet du groupe». Ceux de Kepler partagent cette opinion, ajoutant néanmoins qu’il est trop tôt pour parier sur les résultats de cette restructuration, annoncée mi-novembre, qui nécessitera «2 à 3 ans d’efforts». Le groupe veut améliorer la rentabilité de ses deux grands pôles dans l’aéronautique et la défense, tout en renforçant sa structure de bilan. Ceci passera par la cession de la signalisation ferroviaire (Ansaldo STS) ou du matériel roulant (AnsaldoBreda), ainsi que la vente d’actifs immobiliers et de participations minoritaires comme Avio dans les propulseurs, qui intéresserait Safran.
Ces désinvestissements, portant sur au moins 20% du chiffre d’affaires, devraient rapporter au groupe au moins 1 milliard d’euros l’an prochain, une somme entièrement consacrée à son désendettement. Sa dette nette sera ramenée «en dessous de 2,5 milliards d’euros» fin 2012 contre 4,7 milliards au 30 septembre dernier. Le reste proviendra d’un cash-flow opérationnel positif, à comparer à un flux négatif de 1,6 milliard sur les neuf premiers mois de 2011. La note de crédit de Finmeccanica est BBB avec perspective négative chez S&P et Fitch et Baa2 avec perspective stable pour l’agence Moody’s.
Malgré une maturité moyenne de sa dette supérieure à 10 ans, une mise en œuvre rapide de sa réorganisation est d’autant plus importante qu’il lui faudra faire face dès 2013 à une échéance obligataire proche de 900 millions d’euros.
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