L’Italie s’ouvre aux placements privés de dette
Le financement désintermédié gagne du terrain en Europe. Après l’Allemagne et la France, un marché des placements privés de dette est en train de s’ébaucher en Italie. Traditionnellement, la culture obligataire dans la Botte est plus forte qu’en France par exemple, notamment auprès du grand public. Mais la législation contraignait l’accès des sociétés non cotées au marché de la dette.
A l’image du décret adopté par la France durant l’été 2013, la loi italienne de février 2014 facilite l’investissement des assureurs et des fonds de prêts dans de la dette d’entreprises de taille intermédiaire ou de PME. Elle complète les règles qui avaient été adoptées mi-2012 dans le but de réduire le coût fiscal des émissions de dettes pour une entreprise non cotée en Bourse.
L’effet de cette réforme commence à se faire sentir. Le groupe de diagnostics médicaux Bracco Imaging vient ainsi de placer 100 millions d’euros sous forme d’EuroPP. Cotés à Luxembourg, les titres ont une maturité de 7 ans et payent un taux d’intérêt de 3,17%. Quelques jours auparavant, la chaîne de magasins de cosmétiques Kiko avait levé 130 millions d’euros à 6 ans, avec un coupon de 6,5%. Cet été, Estra avait émis 50 millions d’euros à 5% (5 ans de maturité) et, en mai, Industria Macchine Automatiche avait placé en deux tranches 80 millions d’euros, à 3,875% (5 ans) et 4,375% (7 ans). «L’ouverture du marché italien des placements privés, mouvement également constaté en Espagne, se justifie car les banques de ces pays ont fortement réduit ces dernières années leur production de crédit en raison de leurs propres difficultés», indique Olivier Schatz, directeur général de la Compagnie financière Jacques Cœur.
Le développement de ce marché local des EuroPP répond aux besoins des nombreux fonds de dette du pays mais il ne semble pas satisfaire pleinement les émetteurs. Une récente étude commandée par le cabinet d’avocats Allen & Overy indique que 67% des sociétés interrogées appellent à la création d’un véritable marché pan-européen des placements privés de dette, avec les mêmes règles, les mêmes acteurs et surtout les mêmes prix. La proportion atteint même 80% pour les entreprises italiennes interrogées dans le cadre de cette étude. L’International Capital Market Association (ICMA) travaille justement depuis juin dernier à l’élargissement de la charte française des EuroPP afin d’ébaucher les contours du cadre paneuropéen.
{"title":"","image":"81715»,"legend":"Placements priv\u00e9s. Illustration L’Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
«Le mouvement baissier sur les taux Bunds nous semble inéluctable, le débat porte sur le rythme»
Julien Petit, responsable de la gestion crédit & absolute return chez Arkéa AM. -
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi. -
L'éducation financière est aussi une affaire de genre
Ce billet est issu de notre newsletter Ambitions dédiée aux femmes dans la finance.
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Cote en hausseComment et pourquoi l'Ukraine regagne l'attention de l'administration Trump
Alors que Kiev a tiré parti du désengagement américain dans les négociations avec Moscou, Washington envisage de reprendre du service. Cette fois dans un rapport de force plus favorable à l'Ukraine -
Affaire Lyhanna : syndicalisation des magistrats, ENM... Edouard Philippe met les juges en accusation
« On a une matrice du système judiciaire qui n’est pas satisfaisante », a jugé samedi Edouard Philippe alors que la mort de Lyhanna suscite une énorme vague d'émotion -
Une « nécessité stratégique » : depuis la Normandie, Pete Hegseth appelle les pays européens à en faire plus pour leur sécurité
« L’Europe doit être la première à assurer sa défense conventionnelle », a indiqué le secrétaire américain à la Défense, depuis la Normandie, où il assistait aux commémorations du débarquement du 6 juin 1944