L’international joue son rôle de bouée de sauvetage pour Tesco
Le plan d’austérité à nouveau défendu hier par le Premier ministre britannique David Cameron donne la migraine aux acteurs de la distribution outre-Manche. Il ne peut que saper davantage encore le moral d’un citoyen au pouvoir d’achat en souffrance. Ce consommateur «vit clairement des temps très difficiles» selon le directeur financier de Tesco, Laurie McIlwee. En témoignent effectivement les résultats (26 semaines au 27 août) publiés hier par le numéro un de la distribution au Royaume-Uni, soutenus par sa présence internationale, particulièrement au sein des marchés émergents.
Sur les trois derniers mois sous revue, les ventes de Tesco sur son marché domestique, à périmètre comparable et hors TVA et pétrole, ont accusé un repli de 0,7%. Ce qui représente une accélération de la tendance négative par rapport à la baisse de 0,4% concédée trois mois plus tôt, sous le coup d’une faiblesse de la demande sur les produits non alimentaires. Le chiffre d’affaires total hors TVA a tout de même progressé de 7,8% à 31,8 milliards de livres (36,9 milliards d’euros), pour un résultat opérationnel en hausse de 3,7% à 1,77 milliard reflétant un recul de 0,22 point de la marge associée à 5,51%.
Ce sont bel et bien les ventes en Asie (+11,6% à 5,2 milliards de livres sur le semestre), en Europe (+11,8% à 4,9 milliards) et aux Etats-Unis (+23% à 300 millions) qui ont permis de soutenir la dynamique du groupe. Présent au sein de treize marchés étrangers après l’annonce en août du retrait du Japon, Tesco s’est notamment félicité des «premiers résultats prometteurs» du plan de redressement aux Etats-Unis, où il vise un retour au bénéfice dans deux ans.
Ce redressement tant attendu de la chaîne américaine Fresh & Easy, sujet de satisfaction pour les analystes, fait partie des défis du nouveau directeur général de Tesco depuis le printemps, Philip Clarke. Sous sa houlette, le distributeur a lancé le mois dernier un programme majeur de baisse des prix pour 3.000 produits courants au Royaume-Uni. Symbole des espoirs de succès, Berkshire Hathaway, aurait selon des sources concordantes renforcé fin septembre sa participation au capital, de 0,43 point à 3,64%. L’engagement de la société d’investissement de Warren Buffett est ainsi désormais valorisé à quelque 1,1 milliard de livres, l’équivalent de 1,3 milliard d’euros.
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