L’inquiétude grandit autour de la situation financière de Pescanova
L'étau se resserre autour du groupe de pêche industrielle Pescanova, engagé dans une restructuration de sa dette financière estimée à 1,5 milliard d’euros, dont 203 millions d’euros arrivent à échéance avant la fin de cette année. La Commission nationale des valeurs boursières espagnoles (CNMV) a ouvert une enquête afin de déterminer «l’existence d’indices potentiels témoignant d’un comportement d’abus de marché de la part de la société, de ses administrateurs ou de parties tierces». L’action Pescanova a dévissé de 19,26% hier à Madrid, ramenant la capitalisation boursière du groupe galicien à 169,8 millions d’euros.
Si le ministre de l’agriculture espagnol Miguel Arias Cañete estime que les problèmes de Pescanova sont «transitoires», le journal El Confidencial, qui se réfère à des sources financières, rapporte de son côté que des opérations intra-groupe pourraient avoir conduit à la dissimulation de 500 millions d’euros de dette. Dans son communiqué, le gendarme boursier espagnol enjoint à la société de mettre le plus tôt possible à disposition du public «l’information correspondant au second semestre 2012 ainsi que des données complémentaires sur sa situation patrimoniale, le niveau de son endettement ou le montant de sa dette exigible non payée».
Après avoir annoncé au début du mois son placement sous la procédure de la loi de sauvegarde espagnole, Pescanova a suspendu lundi le mandat de conseil qu’elle comptait confier à la banque d’affaires américaine Houlihan Lockey pour l’aider à renégocier sa dette. Elle justifie sa décision par la nécessité d’attendre «la ratification par le conseil d’administration des comptes annuels 2012».
Pescanova souffre «notamment de sa situation géographique, mais également de la faiblesse de ses fonds propres, tout en ayant une activité profitable», avec une marge d’exploitation proche de 7% au troisième trimestre 2012, explique Frédéric Haym, président de Delta AM. La société de gestion, qui a investi à travers l’un de ses fonds sur l’obligation convertible 2017 de Pescanova, souligne la forte volatilité des titres obligataires du groupe, sur lesquels «des tensions sont réapparues début mars, avec les scénarii potentiels de liquidation ou de transformation de la dette en capital», ce qui a renforcé son caractère de dette décotée. Les convertibles 2017 se traitaient à 72% du pair.
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