L’industrie automobile européenne versera des dividendes records en 2013

La structure de bilan solide des principaux acteurs devrait permettre au secteur de payer plus de 8 milliards d’euros aux actionnaires
Yves-Marc Le Reour

Les investisseurs n’ont pas fait grand cas du repli continu des immatriculations de véhicules sur le Vieux Continent l’an dernier, comme en témoigne la surperformance boursière de plus de 20% du secteur automobile européen par rapport à l’indice DJ Stoxx sur la période. Alors que de nombreux constructeurs dévoileront leurs perspectives à l’occasion du salon de Detroit qui vient d’ouvrir ses portes, les analystes de Cheuvreux Credit Agricole estiment que «les dividendes records qui devraient être distribués par l’industrie automobile européenne conduiront à une revalorisation progressive du secteur en 2013».

Selon leurs calculs, après un pic à 7 milliards en 2007, plus de 8 milliards d’euros seront versés aux actionnaires au cours du deuxième trimestre 2013. Sur ce montant correspondant à un rendement moyen de 4% des dividendes, «6,5 milliards proviendront des constructeurs, 1,2 milliard des pneumaticiens et environ 500 millions d’autres équipementiers». A l’exception de certains intervenants comme PSA ou Fiat qui ont vu leur dette progresser durant les 18 derniers mois, cette générosité «reflète la structure de bilan solide des principaux acteurs du secteur» (voir tableau ci-joint). Elle traduit également «la confiance des dirigeants à résister à des marchés européens qui resteront mal orientés cette année».

Les analystes de Deutsche Bank, qui tablent sur un repli de 4% du marché ouest-européen des voitures particulières en 2013 (contre -8% en 2012), prévoient une hausse de 3% du marché mondial, deux fois plus faible que l’an dernier. L’accélération de la demande en Chine et en Inde serait compensée par le ralentissement des marchés russe et brésilien, par une contraction de 11% du marché nippon (après +24%) et une progression ramenée de 12% à 3% en Amérique du Nord.

Considérant que «le niveau encore élevé des stocks et l’augmentation des coûts d’investissement constituent des risques à court terme», le bureau d’analyse de Morgan Stanley parie sur une stagnation prolongée du marché européen, par analogie avec l’économie nippone.

Le désendettement de l’Archipel dans les années 1990 a en effet entraîné «une baisse des distances parcourues et une stagnation du taux d’équipement sur fond de déclin démographique». Les constructeurs européens spécialisés déjà bien implantés sur les marchés émergents (Volkswagen, BMW) seraient alors les seuls à tirer durablement leur épingle du jeu.

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