L’indien Suzlon Energy s'éloigne de l'éolien
Le virage stratégique pris récemment par l’indien Suzlon Energy semble se concrétiser. Selon des sources concordantes citées par Bloomberg, le cinquième fabricant mondial de turbines éoliennes négocierait la vente de sa filiale allemande Senvion SE (anciennement RePower Systems), dont l’acquisition à grand frais l’avait plongé dans les difficultés.
Plusieurs sociétés chinoises, ainsi qu’un fonds d’investissement auraient manifesté leur intérêt. Mais les candidats n’ont pas été identifiés. L’agence de presse évoque un montant de 2,5 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros).
L’intention de Suzlon de se séparer de Senvion a déjà fait l’objet d’informations de presse dès 2012 et, dernièrement, en avril. Le groupe a confirmé en octobre dernier son intention d’introduire sa filiale en Bourse. Selon Bloomberg, Suzlon mènera ce projet à son terme si un repreneur n’était pas trouvé.
L’éolien ne semble plus aussi important aux yeux du groupe que par le passé. Dans un entretien au magazine économique indien Business Standard en décembre dernier, son fondateur et directeur général Tulsi Tanti indiquait que son entreprise allait investir davantage dans l’énergie solaire. «Nous nous concentrons à présent sur le besoin en énergie solaire», avait-il déclaré.
Sous quelque forme que ce soit, la cession de Senvion fermerait une douloureuse parenthèse pour Suzlon, dont la priorité est aujourd’hui son désendettement. Le groupe a pris le contrôle de RePower (alors cotée) en 2007 et 2008, suite à une bataille contre le groupe nucléaire Areva, qui contrôlait 30% de l’entreprise allemande. Bénéficiant du soutien du portugais Martifer (autre actionnaire, à hauteur d’environ 25%), Suzlon avait payé le prix fort, valorisant la cible 1,23 milliard d’euros, soit 2,4 fois son chiffre d’affaires et 90 fois son Ebit.
Pour financer l’opération, il avait contracté une dette importante (dont deux prêts-relais de 325 millions d’euros) et avait prévu, en octobre 2008, une augmentation de capital de 300 millions d’euros. Mais la crise financière a bouleversé ce bel ordonnancement: les conséquences de la faillite de la banque Lehman Brothers ont conduit Suzlon à annuler l’opération, ce qui l’a plongé dans de profondes difficultés financières. A tel point que le groupe a fait défaut sur sa dette convertible en 2012 et a dû lancer une restructuration de 1,8 milliard de dollars en 2013 - qui doit s’achever en avril prochain.
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