L’Inde va ouvrir le marché de la grande distribution aux appétits étrangers

New Delhi prévoit d’autoriser les géants mondiaux du secteur à prendre une participation de 51 % dans le commerce de détail multimarque
Antoine Duroyon

L’Inde fait saliver encore un peu plus les grands noms de la distribution mondiale. Le conseil des ministres a approuvé hier une réforme maintes fois retardée : l’ouverture du commerce de détail multimarque aux investisseurs étrangers. Les investissements directs étrangers (IDE) dans des acteurs locaux multimarques pourront atteindre 51% du capital. Et même 100% dans le cas de magasins à marque unique, contre 51% précédemment.

Une libéralisation synonyme de terre promise pour des groupes tels que Walmart, Tesco ou Carrefour, alors que le marché indien du commerce de détail est estimé à 450 milliards de dollars par an. Jusqu'à présent, les groupes étrangers n’ont pu investir ce marché que via la distribution de gros. Carrefour a ainsi ouvert fin 2010 un magasin Cash&Carry à New Delhi, seul format de distribution pouvant être développé en propre.

L’américain Walmart a fait de même, choisissant pour sa part de s’allier au groupe local Bharti Enterprises pour mettre sur pied quatorze magasins de gros. Hier, les deux groupes se frottaient les mains. «Cette évolution réglementaire va permettre de moderniser la chaîne d’approvisionnement et de lutter contre l’inflation (qui avoisine les 10%, ndlr)», a commenté un porte-parole de Carrefour interrogé par L’Agefi.

Un espoir partagé du côté de Walmart où on affiche également une certaine prudence. «Nous allons devoir étudier les conditions et les détails de cette nouvelle politique ainsi que l’impact qu’elle aura sur notre capacité à nous développer en Inde», a indiqué Raj Jain, président de Walmart India et PDG de la coentreprise Bharti Walmart. Tous mettent en avant les bénéfices que pourront tirer les producteurs locaux de ce nouvel environnement.

Mais les résistances sont fortes dans un pays où près de 90% du marché de la distribution est contrôlé par les «kiranas», de petites échoppes traditionnelles et familiales qui font vivre quelque 25 millions de commerçants. Walmart, Tesco et les autres peuvent néanmoins compter sur un allié de poids : la classe moyenne indienne, aux contours et à la taille encore mal définis - les estimations les plus ambitieuses évoquent 300 millions de personnes - qui cultive le goût d’une consommation frénétique.

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