Linde tire parti de sa présence renforcée en Amérique du Nord
Le numéro deux mondial des gaz industriels a vu sa marge brute trimestrielle progresser d’un demi-point grâce à l’intégration de Lincare
Publié le
Yves-Marc Le Reour
Numéro deux mondial des gaz industriels, l’allemand Linde témoigne de la faible sensibilité de ce secteur à la crise. En croissance de 10,3% à près de 4 milliards d’euros au premier trimestre, son chiffre d’affaires trimestriel a certes été stimulé par l’acquisition aux Etats-Unis de Lincare, qui a représenté près de 10% de ses ventes entre janvier et mars. Spécialisé dans les services d’assistance respiratoire à domicile, le groupe américain a été racheté en août dernier pour 3,5 milliards d’euros.
A périmètre et change constants, les ventes de gaz industriels du groupe allemand ont néanmoins progressé de 2,2% d’une année sur l’autre, contre une croissance organique de 1,5% pour la division comparable du leader mondial Air Liquide. Dans ses activités d’ingénierie plus cycliques, qui représentent environ 14% de son chiffre d’affaires, Linde a vu ses prises de commandes bondir de 82% en rythme annuel, à près de 1,4 milliard d’euros. Le carnet de commandes de cette division à fin mars s’élevait à 4,6 milliards, contre 3,7 milliards un an plus tôt.
Sa marge brute d’exploitation s’est améliorée d’un demi-point sur un an à 23,9%, principalement grâce à l’intégration de Lincare qui a compensé «une légère baisse de la rentabilité au Brésil ainsi que le contrecoup négatif d’investissements importants réalisés an Asie», précise le groupe. S’il est négatif à hauteur de 16 millions d’euros à fin mars, le cash flow libre de Linde se compare favorablement au flux de trésorerie négatif de 67 millions de son concurrent français sur la période. «Les chiffres de Linde sont globalement meilleurs que prévu, grâce au secteur des gaz industriels», commente Eggert Kuls, analyste de Warburg Research à Hambourg.
L’endettement net du groupe allemand, de 8,6 milliards d’euros au 31 mars dernier, représentait 2,3 fois son excédent brut d’exploitation, sachant que la dette d’acquisition de Lincare a été refinancée sur le marché obligataire. Alors qu’Air Liquide s’est contenté fin avril de prévoir «une nouvelle hausse du bénéfice net en 2013», Linde table sur «un excédent brut d’exploitation d’au moins 4 milliards» contre 3,53 milliards dégagés en 2012. Il réaffirme également son objectif d’un bénéfice d’exploitation d’au minimum 5 milliards à l’horizon 2016, accompagné d’une rentabilité des capitaux employés d’environ 13%.
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