Liberty Global met fin au suspense sur l’avenir du câblo-opérateur Ziggo
La stratégie des petits pas de Liberty Global sur Ziggo a payé. Après avoir racheté 28,5% du capital du câblo-opérateur néerlandais au cours de l’année 2013, le groupe américain contrôlé par l’homme d’affaires John Malone va prendre le contrôle intégral de Ziggo au prix unitaire de 34,53 euros par action. L’offre amicale, payée en numéraire à hauteur de 11 euros et en actions Liberty Global pour la part restante, valorise la cible 10 milliards d’euros dette incluse.
Le repli de 2,9% à 32,30 euros de l’action Ziggo hier s’explique par le fait que «certains investisseurs ne peuvent ou ne veulent pas détenir des actions américaines», relève Emmanuel Carlier, analyste chez ING Group.
Après la fusion de leurs activités aux Pays-Bas, Ziggo et UPC, la filiale néerlandaise de Liberty Global, dégageront initialement un chiffre d’affaires cumulé de 2,5 milliards d’euros. «Nos opérations combinées nous permettront d’atteindre potentiellement 90% des ménages néerlandais, ce qui nous permettra de concurrencer plus efficacement les autres plates-formes nationales», a déclaré Mike Fries, directeur exécutif de Liberty Global. Les deux sociétés tablent sur une montée progressive des synergies qui devraient atteindre 160 millions d’euros par an à l’horizon 2018. Le multiple de valorisation de Ziggo, qui s’élève à 11,3 fois son excédent brut d’exploitation (EBE) pour 2013, est abaissé à 9,3 fois l’EBE attendu en 2014 après synergies.
L’opération, qui devrait être finalisée au deuxième semestre 2014, conduira pour Ziggo à un ratio de levier (dette nette sur EBE) qui atteindra 5 fois, contre 3,5 fois actuellement, en ligne avec la politique financière du groupe américain. Mais Liberty Global envisage à l’issue de la transaction un swap de dette obligataire portant sur 934 millions d’euros à échéance 2018. La victime de ce rapprochement semble être l’ex-patron de Deutsche Telekom René Obermann. Arrivé chez Ziggo comme directeur général au début de ce mois, il devra quitter le groupe lorsque la transaction sera menée à bien.
Malgré une croissance externe importante en Europe (Pologne, Allemagne, Royaume-Uni…) depuis 18 mois, Liberty Global a annoncé en parallèle qu’il augmenterait d’un milliard de dollars le montant de son programme de rachat d’actions, fixé jusqu’ici à 3,5 milliards, et que ce programme serait étalé jusqu’à la fin 2015, alors qu’il devait auparavant être bouclé à la mi-2015.
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