L’horizon d’Ericsson se dégage peu à peu grâce au haut débit mobile
Après deux années particulièrement difficiles, l’activité plus soutenue d’Ericsson en fin d’année incite désormais l’équipementier télécoms à davantage d’optimisme. Bien supérieur au consensus grâce au dynamisme des marchés nord-américains et de nombreux pays asiatiques, le chiffre d’affaires de 62,7 milliards de couronnes du dernier trimestre a en effet progressé de 8% en rythme séquentiel et de 32% d’une année sur l’autre.
Néanmoins, la part plus importante des ventes d’équipements liés à la modernisation de certains réseaux en Europe et au déploiement de la technologie 3G en Inde a pesé sur la marge brute, en repli séquentiel de 2 points à 37%, victime d’une guerre des prix. La rentabilité d’exploitation ressort donc à 13,3% hors coentreprises et restructurations, quasiment stable d’un trimestre et d’une année à l’autre, mais inférieure d’un demi-point aux attentes. «En raison d’une bonne gestion du BFR, le cash-flow libre ressort au-dessus de notre attente à 14,2 milliards de couronnes», commente le bureau d’analyse d’Oddo Securities. «Au bout du compte, ces chiffres sont honnêtes grâce à la reprise des ventes mais il y a des motifs d’inquiétude du côté des résultats», estime pour sa part Morten Imsgard, analyste chez Sydbank.
Pour l’année en cours, le directeur général d’Ericsson, Hans Vestberg, anticipe «une poursuite de la forte demande pour le mobile à haut débit, avec le nombre d’abonnements à ce type de services qui devrait doubler et atteindre la barre du milliard dès cette année». Il ajoute que «cette évolution sera surtout le fait de terminaux de type smartphones, aussi bien les premiers prix de ce segment que les tablettes». Si le dividende de 2,25 couronnes par action proposé au titre de 2010, en hausse de 12,5% par rapport à 2009, témoigne d’une confiance plus grande en l’avenir, le groupe suédois ne donne toujours pas de prévision de résultats pour l’année en cours.
Selon Stephan Pongraf, analyste du cabinet dell’Oro spécialisé dans les télécoms, il faudra attendre «au moins 2015» pour que le marché mondial des infrastructures mobiles, estimé à 34 milliards de dollars en 2010, retrouve le niveau de 43 milliards de dollars atteint en 2008. Très volatile en cours de séance sur la Bourse de Stockholm, l’action Ericsson B a finalement clôturé hier en hausse de 2,46 % à 79 couronnes.
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