L’harmonisation de la fiscalité des entreprises en Europe avance à petits pas
En plus de faire rentrer 1,5 milliard d’euros dans les caisses de l’Etat, le projet du gouvernement français de réformer le régime des reports déficitaires a été présenté comme un premier pas vers une convergence fiscale entre la France et l’Allemagne. Les deux pays souhaitent en effet harmoniser leurs régimes d’impôts sur les sociétés (IS) dès 2013, avec une assiette et des taux communs. Un premier pas qui pourrait inciter d’autre pays, comme la Belgique, à se joindre au mouvement.
«La crise actuelle ouvre la voie à une plus grande convergence économique», a déclaré Noëlle Lenoir, ancienne ministre des Affaires européennes, actuelle présidente du Cercle des européens, lors d’une récente table ronde. Aujourd’hui, l’Europe compte autant de régimes d’IS que d’Etats membres. Conséquence, «un groupe comme Air Liquide dispose de 12 directions fiscales en Europe et d’un bureau comptable dans les 15 autres pays de l’Union, ce qui induit un coût très important», explique Michel Aujean, avocat associé chez Taj et ancien directeur des politiques fiscales de la Commission européenne. Une harmonisation de l’IS ferait disparaître ces coûts ainsi que l’insécurité juridique et fiscale qui parfois décourage certaines PME d’investir à l’étranger. Depuis 1995, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu plus de cent décisions concernant des litiges liés à la fiscalité directe sur les entreprises.
Mais le sujet de l’harmonisation reste tabou, encore plus en période de crise, où la concurrence fiscale peut servir d’arme pour attirer des entreprises et accroître les recettes de l’Etat. La Commission européenne se penche sur la question depuis 1998. En 2004, la France et Allemagne ont même appelé dans une lettre commune la création d’une assiette commune en matière d’IS.
Depuis, le dossier a peu avancé, la proposition de directive Assiette commune consolidée pour l’IS (Accis) n’ayant toujours pas été adoptée. D’ailleurs, pour espérer obtenir l’unanimité des Vingt-Sept sur le texte, Accis restera un régime optionnel et ne poussera pas à une harmonisation des taux d’IS. Néanmoins, «si Accis est efficace, les groupes n’auront alors plus besoin de créer une structure artificielle en Irlande par exemple pour délocaliser leur base fiscale, un montage qui engendre des coûts», espère Michel Aujean.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah