L’exploration-production de GDF Suez est valorisée de 5 à 8 milliards d’euros

L’énergéticien exclut, pour le moment, une introduction en Bourse de cette division, mais réfléchit à des projets de partenariats
Bruno de Roulhac

Alors que les rumeurs s’intensifiaient autour de la prochaine cotation de sa division exploration et production, GDF Suez est sorti lundi de son silence. «Une introduction en Bourse n’est pas d’actualité», a déclaré un porte-parole de l’énergéticien à L’Agefi. En revanche, le groupe s’est refusé à tout autre commentaire, notamment sur l’entrée d’investisseurs, d’industriels ou d’institutionnels, au capital de cette division.

Quoi qu’il en soit, GDF Suez a déjà dévoilé ses ambitions dans l’exploration et la production, comptant doubler à terme ses réserves prouvées et probables de pétrole et de gaz afin d’atteindre 1,5 milliard de barils équivalent pétrole. Et pour y arriver, compte tenu de cette activité hautement capitalistique, GDF Suez devrait nouer des partenariats comme il en a l’habitude pour ses grands projets de développement. «Le groupe est en train de réfléchir à un schéma», confie une source proche du dossier. Cette option devrait être préférée par les analystes qui voient dans une introduction en Bourse un renforcement du «statut de conglomérat du groupe (minoritaires cotés chez International Power et Suez Environnement)», selon Oddo, et un «accroissement du risque de décote de holding», pour CA Cheuvreux.

Les analystes valorisent cette division entre 5 et 8 milliards d’euros. «Sur la base d’un WACC [coût moyen pondéré du capital] de 12%, la valeur d’entreprise d’Exploration et Production est de 5,1 milliards d’euros», note Aurel BGC. En se fondant sur un multiple «conservateur de 10 dollars par baril équivalent pétrole, nous valorisons les réserves [763 millions de barils équivalent pétrole fin 2009] à plus de 5,7 milliards d’euros, calcule Oddo. A cela, il faudrait rajouter la valeur de certaines infrastructures (gazoduc en mer du Nord en particulier) pour sans doute plus de 1 milliard d’euros». Pour sa part, CA Cheuvreux évalue la division entre 6 milliards (valorisation des réserves) et 8 milliards d’euros (montant des capitaux employés).

L’arrivée d’un partenaire au capital d’exploration et production permettrait à GDF Suez d’améliorer son bilan et de réaliser une partie de son plan de 4 à 5 milliards d’euros de cessions, annoncé après l’acquisition d’International Power. «D’après nos estimations, une cession d’environ 20% du capital de la filiale devrait conduire à un désendettement du groupe d’environ 1 milliard d’euros», conclut Aurel BGC.

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