L’évolution du BFR des groupes européens porte les traces de la crise
Après une année 2008 favorable pour les besoins de fonds de roulement (BFR) des 1.000 premières entreprises européennes non financières cotées en Bourse, l’étude du cabinet REL publiée en exclusivité par L’Agefi montre que les effets de la crise n’ont pas permis de maintenir cette tendance en 2009. Au plus haut niveau depuis 2005, le BFR qui a augmenté à 46,9 jours de chiffre d’affaires (contre 44,1 jours en 2008) reflète la contraction de 10% de leur activité en 2009. Alors qu’en valeur absolue les BFR cumulés ont été ramenés à 751 milliards d’euros contre 785 milliards en 2008, ceux-ci ont représenté 12,8% de leur chiffre d’affaires contre 12,1%.
La dégradation s’applique au ratio de créances clients (54,6 jours contre 50,7) et à celui de la rotation des stocks (39,2 jours contre 37,3). Les entreprises ayant mis plus de temps à régler leurs fournisseurs, les délais de paiement se sont en revanche rallongés à 46,9 jours contre 44,1 en 2008. On notera que le tabac ou l’aéronautique ont réduit significativement leur BFR à partir de niveaux élevés.
Les dix meilleures sociétés françaises enregistrent un BFR globalement stable d’une année sur l’autre en jours de chiffre d’affaires (voir tableau ci-dessous), une performance notable étant donné la baisse annuelle de 11,3% de leur chiffre d’affaires.
Si 59% des sociétés européennes ont pu améliorer leur BFR en 2009, il leur est plus difficile de pérenniser ces gains. Seulement 57 sociétés (6% du panel) «ont réussi à atteindre la performance du quartile supérieur dans leur industrie en améliorant les trois composantes du BFR sur les cinq dernières années». 39 sociétés sont dans le quartile inférieur avec une détérioration des trois composantes du BFR enregistrée sur cette période.
«Seules deux sociétés participant à l’enquête, l’équipementier automobile français Valeo et le fabricant de câbles néerlandais Draka Holdings NV ont amélioré leur BFR chaque année pendant les cinq ans passés et figurent dans la moitié supérieure de l’échantillon sur l’ensemble des composantes du BFR», souligne l’étude.
En comparant les résultats de chaque entreprise aux meilleures pratiques de son secteur industriel, l’étude chiffre à 741 milliards d’euros le manque à gagner de l’ensemble de l’échantillon, soit près d’un tiers du BFR global. REL estime que «l’élimination de cet excès de BFR pourrait augmenter de 10% leur bénéfice d’exploitation».
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