L’évolution des impayés renforce l’image d’une Europe à deux vitesses
Les pertes pour créances irrécouvrables des entreprises en Europe ont progressé en un an de 7% pour atteindre 350 milliards d’euros, soit 3% de leur chiffre d’affaires. C’est l’un des constats alarmants dressés par Intrum Justitia, société d’origine suédoise spécialisée dans la gestion du poste client, dans sa dernière étude «European Payment Index (EPI)» consacrée aux défauts et retards de paiement dans la région.
Etablie à partir d’une enquête menée au premier trimestre 2013 auprès de 9.800 entreprises dans 31 pays, l’étude témoigne d’une amplification des écarts entre les économies nordiques, où le taux de pertes sur des factures non encaissées est globalement inférieur à 2% (2,2% au Danemark), et les pays du sud de la région entraînés dans une spirale négative, avec par exemple un taux de pertes frôlant 10% en Grèce (5,9% en 2012). La détérioration de la situation est cette année particulièrement marquée en Europe centrale et orientale, avec un taux de pertes atteignant 4% en Hongrie, 5,7% en Slovénie, 6,1% en Roumanie et 7% en Bulgarie.
Par rapport à l’indice synthétique de risque (EPI) développé par Intrum Justicia, qui varie de 100 (risque minimum) à plus de 170 (risque très élevé sur la créance), dix pays dépassent désormais ce seuil de 170, contre seulement six en 2012. Avec un EPI de 152 après 149 l’an dernier, la France passe de la catégorie «risque moyen» à «risque sérieux». Elle enregistre néanmoins une stabilité de son taux de pertes à 2% depuis trois ans, grâce à une forte baisse des créances supérieures à 90 jours (13% du total contre 18% en 2012).
Dans l’ensemble de la région, 45% des entreprises interrogées estiment que le risque de défaut de paiement augmentera au cours des 12 prochains mois. En Allemagne qui jouit pourtant d’un profil de risque modéré (EPI de 144), 30% des répondants tablent sur une hausse des impayés en 2013, contre 22% voici un an.
La bonne nouvelle provient d’une nouvelle amélioration des délais effectifs de paiement sur le Vieux Continent. D’une année sur l’autre, elle passe en moyenne de 38 à 36 jours pour une créance émanant d’un particulier, de 52 à 49 jours pour la clientèle d’entreprises et de 65 à 61 jours lorsque le client est l’Etat ou une collectivité locale. La proportion de factures payées en moins de 30 jours atteint par ailleurs 48%, au plus haut depuis 2004.
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