L’évolution des coûts salariaux explique les écarts de compétitivité en Europe
En présentant hier son analyse de la situation financière des entreprises, le cabinet Coe-Rexecode est revenu sur les facteurs ayant contribué à la perte de compétitivité des entreprises établies sur le territoire français. Un éclairage sur l’évolution des coûts de la main d’œuvre dans les pays membres de la zone euro montre un écart cumulé de 10% entre la France et l’Allemagne sur la période 2000-2004, cette tendance s’étant par la suite amplifiée en raison des accords de modération salariale appliqués outre-Rhin.
«Au total, entre 2000 et 2011, la hausse des coûts salariaux horaires en France dans l’ensemble des secteurs marchands a été de 40% quand elle était limitée à 19% en Allemagne», relève le cabinet d’études économiques. Dans l’industrie manufacturière particulièrement, le coût de l’heure travaillée en France en 2011 était supérieur de 3,8% à celui de l’Allemagne, alors qu’il lui était inférieur de 13% en l’an 2000. Cette évolution contraire a logiquement entraîné une divergence de coûts qui s’est répercutée dans les résultats des entreprises, aggravant donc l’écart entre les facteurs structurels de la compétitivité.
L’examen comparé des coûts salariaux unitaires (coût salarial rapporté à la productivité horaire du travail) montre une très forte augmentation dans les pays d’Europe du Sud entre 2000 et 2011 (voir graphique). Avec une hausse proche de 23% contre une quasi-stabilité outre Rhin, la France «est proche de la limite des pays qui sont aujourd’hui en difficulté financière». Ceci explique une partie de la perte des parts de marché enregistrée par l’Hexagone, car si la hausse du coût est répercutée dans les prix, le pays perd en compétitivité-prix et dans le cas contraire «il n’a plus les moyens d’investir», conclut le cabinet.
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