L’Europe contraint Renault à réviser ses objectifs en baisse

Le constructeur table malgré tout sur une progression de près de 4% de ses ventes au second semestre pour parvenir au moins à croître sur l’année
Alexandre Garabedian

Renault va mieux que PSA, mais a connu hier un trou d’air en Bourse après la révision en baisse de ses objectifs de vente. Le titre a perdu jusqu’à 4,32% en séance avant de clôturer en repli de 1,18% à 32,25 euros. Le constructeur, qui tablait en janvier sur une hausse de 3% à 4% de ses ventes mondiales par rapport aux 2,72 millions de véhicules écoulés l’an dernier, espère désormais simplement augmenter ses ventes en 2012.

Le plongeon de l’Europe explique cette révision en baisse. Attendue par le constructeur entre 3% et 4%, la contraction du marché automobile européen est désormais évaluée entre 6 et 7% sur l’année, après un recul de 7,4% au premier semestre. Le groupe français a fait deux fois pire avec une baisse des ventes de 14,9% en Europe à fin juin et un recul de 0,8 point de sa part de marché. «Les deux tiers de ce déclin sont dus au marché et au mix-produit, et un tiers est la conséquence de choix faits pour préserver nos marges», notamment en Grande-Bretagne, a indiqué hier Jérôme Stoll, directeur commercial de Renault.

Pour tenir son objectif initial, Renault aurait dû enregistrer au second semestre 2012 une croissance minimale de 9,5% de ses ventes dans le monde compte tenu du repli annuel de 3,3% que le constructeur a connu au premier semestre. L’objectif révisé sous-tend encore une progression d’au moins 3,7% des ventes sur la deuxième moitié de l’année.

Pour y parvenir, le constructeur table sur des gains de part de marché, en particulier en France, grâce au lancement de nouveaux modèles. L’Europe, elle, fera l’objet d’un «management plus resserré», Renault ayant annoncé hier la nomination de Stefan Müller, un ancien de Volkswagen, comme directeur des opérations de la région.

Mais le groupe peut surtout compter sur la croissance hors d’Europe: l’international représente 47% de ses ventes et devrait approcher de la barre des 50% en fin d’année. Un objectif que son compatriote PSA Peugeot-Citroën entend seulement atteindre en 2015. Au Brésil, son deuxième marché, Renault a enregistré une croissance de 37% et un gain de 1,9 point de part de marché sur les six premiers mois de 2012. En Russie, les ventes sont en hausse de 28,6% et le pays a dépassé l’Allemagne au troisième rang des marchés du groupe.

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