L’Etat polonais et Vodafone cèdent Polkomtel à prix cassé
Polkomtel trouve enfin preneur. Zygmunt Solorz-Zak, considéré comme l’homme le plus riche de Pologne et propriétaire notamment de la plus grande chaîne de télévision polonaise privée Polsat, a en effet accepté de payer quelque 4,5 milliards d’euros pour mettre la main sur le deuxième plus gros opérateur de téléphonie mobile du pays.
Une transaction record pour un investisseur polonais qui permettra aux actionnaires actuels de recevoir 3,8 milliards d’euros en numéraire, avec une dette nette de Polkomtel qui se monte à 700 millions. L’entrepreneur, qui a levé en début d’année 3 milliards de zlotys (754 millions d’euros) en cédant des participations d’actifs, financera cette acquisition en partie avec ses fonds propres. Zygmunt Solorz-Zak, conseillé notamment par Deutsche Bank et Crédit Agricole, a en outre réussi à coiffer la société d’investissement Apax ainsi que l’opérateur de télécom norvégien Telenor sur le fil, et compte tourner le développement de l’opérateur vers les technologies 4G.
Pour Vodafone, actionnaire à 24,4% Polkomtel, cette cession «signe la fin du nettoyage de son portefeuille» estime Robin Bienenstock, analyste chez Sanford C. Bernstein. L’opérateur britannique, qui récoltera 920 millions d’euros, avait également cédé sa participation de 44% dans SFR à Vivendi pour 7,95 milliards d’euros, ainsi que des participations minoritaires au Japon et en Chine. Le fruit de ces cessions d’actifs a permis au groupe de retourner de la valeur aux actionnaires en procédant à des rachats d’actions, ainsi qu’au recentrage de ses activités avec le rachat de la participation de sa coentreprise en Inde pour 5 milliards de dollars.
Vodafone a décidé de ne pas exercé son droit de veto sur cette opération malgré une valorisation peu élevée de 6,4 fois l’Ebitda 2010, contre une moyenne de 9 fois l’Ebitda sur l’ensemble des opérations impliquant des opérateurs sans fil dans les cinq dernières années, selon les données Bloomberg.
La présence de l’Etat polonais au capital de Polkomtel, au travers de participations détenues par quatre sociétés publiques, a ralenti le processus de cession initié en janvier dernier. La cession s’inscrit dans le cadre du programme de privatisations qui vise à récolter près de 4 milliards d’euros cette année afin de réduire le déficit public qui a atteint 7,9% du PIB en 2010, menaçant de propulser la dette au-delà du seuil légal de 55% du PIB.
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