L’Etat ne peut guère compter sur ses participations cotées pour se renflouer
Dans le cadre de la restructuration budgétaire et la modernisation des politiques publiques, nous réfléchissons à un changement de nos participations.» La déclaration la semaine dernière d’Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, au Wall Street Journal, se heurte à la réalité. Les marges de manœuvre de l’Etat en matière de cessions d’actifs sont aujourd’hui extrêmement limitées, sinon inexistantes.
Sur les douze lignes cotées principales du portefeuille de l’Agence des participations de l’Etat (APE), aucune ne peut être facilement monétisée. Valorisés 24 milliards d’euros, soit 42% du portefeuille de l’APE, les 84,44% au capital d’EDF sont intouchables. Le cours de l’électricien est proche de ses plus bas historiques et une cession, en plein débat sur la transition énergétique, serait difficile à expliquer.
Le raisonnement est assez proche pour France Télécom (2,75 milliards d’euros pour 13,45% du capital): valorisation au plancher et volonté de préserver la paix sociale obtenue après la crise des suicides. Quant à GDF Suez (13,6 milliards d’euros pour 36,71% du capital), Arnaud Montebourg a un temps pensé en vendre un bloc pour nationaliser Florange, avant de renoncer.
Même en mettant de côté leur faible valorisation, les autres participations, chez Renault (2,2 milliards d’euros, 15,01% du capital), Air France-KLM (321 millions, 15,88%) ou bien encore Thales (1,7 milliard, 27,08%) sont stratégiques donc invendables. Les lignes financières (CNP et Dexia) ne pèsent que 80 millions d’euros. Quant à ADP, dont le cours de Bourse est supérieur au prix d’introduction, le gain potentiel est faible. Selon la loi, l’Etat doit conserver 51% du capital du groupe d’aéroports. Il ne peut ainsi vendre que 3,5%, soit 220 millions d’euros.
A moins d’un changement profond de stratégie, les mouvements de l’Etat devraient rester marginaux, à l’image de la vente de 3,12% de Safran fin mars pour 448,5 millions d’euros. Cette opération répondait plus à une situation spéciale qu’à une décision stratégique. Au nominatif, les titres Safran de l’Etat lui conféraient des droits de vote double. Soit l’APE renonçait «à acquérir ces droits de vote double pour ne pas dépasser le seuil des 30%», soit elle cédait «une partie des titres tout en conservant la même influence au sein de l’assemblée générale», a récemment expliqué David Azéma, le directeur général de l’APE, devant les sénateurs.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE préfère temporiser sur ses taux malgré une inflation qui s'emballe
La Banque centrale européenne a laissé ses taux inchangés à 2,5% mors de sa réunion de politique monétaire. -
Eramet anticipe un Ebitda ajusté compris entre 540 millions et 610 millions d'euros en 2026
Le groupe minier prévoit, comme annoncé plus tôt en octobre, de lancer d'ici à la fin de l'année une augmentation de capital d'un montant de 500 millions d'euros afin de réduire son endettement. -
Impuissant à stopper l'hémorragie de talents, le management de Weil se résout à dissoudre le cabinet
Mis en difficulté par le passage à la concurrence de plusieurs associés de renom, Weil, Gotshal & Manges estime n'avoir plus d'autre option stratégique qu'une liquidation ordonnée. La firme emploie 1.200 avocats dans le monde, dont 80 environ pour le bureau parisien.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Deux rassemblements d'extrême droite interdits en urgence près de Paris après l’indignation de la gauche
Les autorités ont ordonné l’annulation d’une manifestation et d’un colloque organisés par le collectif d’extrême droite Objectif Remigration ce week-end en Ile-de-France. -
IA : Pourquoi Google pourrait connaître la pire journée en Bourse de son histoire
Après la clôture de Wall Street, Google a publié ses résultats trimestriels, jugés décevants par les analystes. Le développement rapide de l'IA ralentit son chiffre d'affaires publicitaire -
« On demande à Total d'être exemplaire » : le géant pétrolier enregistre un profit trimestriel record
Avec ses bénéfices records à 8,3 milliards de dollars en un trimestre, la compagnie française hérisse le poil de la gauche, qui plaide toujours pour une surtaxation de ses profits