L’essoufflement de Bic au troisième trimestre fait craindre pour les marges
Après un démarrage en trombe au premier semestre, avec une croissance de son chiffre d’affaires à données comparables de 5,5%, Bic a brusquement calé au troisième trimestre 2011. Entre début et fin septembre, les revenus du fabricant de stylos, de rasoirs ou de briquets jetables n’ont progressé que de 0,8% à données comparables, pour s’établir à 468,2 millions d’euros. Le consensus espérait une croissance de 2,7%. «Toutes les activités sont touchées», s’inquiètent notamment les analystes de CM-CIC. En début de séance hier, le cours de l’action a chuté de plus de 10% avant de finir en baisse de 8,35% à 60,13 euros.
Jusqu’à présent, le principal point noir de Bic se résumait à APP, sa division de produits publicitaires et promotionnels (sacs, mugs, calepins…), issue de l’acquisition de Norwood en 2009. Son chiffre d’affaires a d’ailleurs une nouvelle fois fortement baissé au troisième trimestre: -10% en données comparables à 76,6 millions. Mais ces derniers mois, c’est la division grand public qui a commencé à s’essouffler. La croissance organique est retombée à 3,3%, deux points de moins que les attentes du consensus, notamment en raison d’une rentrée scolaire moins active qu’espéré aux Etats-Unis, ce qui a pesé sur les ventes d’articles de papeterie.
S’il reconnaît «un environnement économique difficile», Mario Guevara, le directeur général de Bic, rappelle que «la rentabilité du groupe demeure supérieure à ses niveaux historiques». La marge d’exploitation normalisée ressort ainsi à 19,4% contre 18,7% au troisième trimestre 2010, au-dessus des 17% enregistrés en moyenne au cours des trois dernières années. Mais si la croissance continue de ralentir au cours des prochains mois, la tendance sera difficile à tenir. Oddo Securities juge ainsi trop élevées les attentes du marché pour 2012.
D’autant que la division APP risque de peser plus longtemps que prévu que les comptes. «La poursuite du ralentissement économique ainsi que les enjeux de l’intégration de cette activité ont retardé, plus que nous ne l’avions initialement anticipé, son retour à la croissance», d’abord espéré en 2012, reconnaît Mario Guevara. Du coup, des «ajustements» seront «nécessaires», prévient-il. Leur nature n’a pas été précisée.
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