L’espagnol ACS relance la cotation en Bourse de sa YieldCo dans les énergies renouvelables
Le dérapage d’Abengoa l’an dernier n’a pas réduit le goût pour l’ingénierie financière des groupes d’énergie espagnols. ACS a relancé hier le projet de cotation de Saeta Yield à la Bourse de Madrid, sa structure destinée à porter ses actifs en exploitation dans les énergies renouvelables et à distribuer la quasi-intégralité de ses cash-flows en dividendes.
En plus de l’opération d’Abengoa en juin 2014, la cotation d’une YieldCo a déjà été utilisée par plusieurs groupes d’énergies américains, à l’image de ce qui se faisait dans les années 80 avec les Master Limited Partnership. Acciona, qui a vendu un tiers de ses actifs renouvelables à KKR en octobre 2014, envisage également de coter cette structure cette année.
En cédant 51% du capital de Saeta sur le marché, ACS peut espérer récupérer environ 500 millions d’euros, selon des sources proches citées par Bloomberg. Ces fonds permettront d’alléger la dette du groupe qui pourra ainsi financer le développement de nouveaux projets. Avec cette opération, ACS va pouvoir déconsolider 2,6 milliards d’euros de dette. Les centrales seront par la suite vendues à Saeta au fur et à mesure de leur mise en service, ce qui assure à ACS une voie de cession pour des actifs qui pourraient être plus difficiles à vendre sur le marché secondaire.
La YieldCo, grâce à des contrats de vente d’électricité de long terme, s’engage à reverser ses cash-flows en dividendes. Saeta a ainsi prévu de distribuer 90% de ses cash-flows annuels, appelés à progresser au fur et à mesure du rachat des actifs à sa maison-mère. La mise en Bourse de Saeta est dirigée par BofA Merrill Lynch, Citigroup et la Société Générale.
Tentante pour des investisseurs actuellement sevrés de rendements, ces structures ne sont pas sans risque, notamment en cas de remontée des taux. La valorisation de la YieldCo, qui peut-être apparentée à une obligation, serait mécaniquement affectée. Elle renchérirait aussi l’acquisition des actifs auprès de la maison-mère, ce qui réduirait leur rentabilité et pèserait donc sur la croissance attendue du dividende.
Plus d'articles du même thème
-
Audi s'apprête à construire sa première usine aux Etats-Unis
La marque haut de gamme du groupe Volkswagen a prévu d’investir 4 milliards de dollars en vue de produire jusqu’à 200.000 véhicules par an à partir de 2030. -
La BCE se dirige vers un statu quo sur fond d'envolée des spreads
D’un côté, la croissance résiste et l’inflation énergétique augmente. De l’autre, la hausse des taux longs prend le relais de la Banque centrale européenne dans le resserrement des conditions financières. L’institution devrait rester l'arme au pied jeudi, sans proposer d’intervenir sur les taux français. -
Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
L’insurtech, alliée pour l’occasion à Allianz, arrive première dans l’appel d’offres du contrat santé quinquennal destiné à couvrir les salariés des organismes de sécurité sociale. L’instance paritaire qui doit entériner ce choix a été démise de ses pouvoirs pour quelques semaines, le temps qu’une administratrice provisoire valide la décision.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.