Les vues d’Hutchison Whampoa bousculent le capital de Telecom Italia

En échange de sa filiale «3», le groupe hongkongais veut devenir le premier actionnaire de l’opérateur italien. Ce dernier étudie la proposition
Olivier Pinaud

La structure actuelle du capital de Telecom Italia vit peut-être ses dernières heures. Le conseil d’administration de l’opérateur italien a chargé un comité d’examiner le projet de rapprochement avec «3», la filiale italienne du groupe hongkongais Hutchison Whampoa. Ce dernier a manifesté sa volonté de devenir le premier actionnaire de Telecom Italia, précise le groupe italien.

Le comité est composé du président Franco Bernabè et des administrateurs Gabriele Galateri di Genola, Elio Catania, Julio Linares - qui représentent le holding de contrôle Telco - et Luigi Zingales. Il pourrait rendre ses conclusions dans deux ou trois semaines.

Les modalités de l’opération n’ont pas été évoquées. Celle-ci pourrait prendre plusieurs formes. Une augmentation de capital de Telecom Italia au profit d’Hutchison Whampoa pour financer la reprise de «3». Ou bien une entrée du groupe hongkongais au sein de Telco. Ce scénario permettrait à certains actionnaires indirects de l’opérateur italien, comme Generali, Intesa ou Mediobanca, de monétiser une partie de leur participation.

Selon des sources citées par Reuters, Telco, qui comprend également l’opérateur espagnol Telefonica, se serait montré très réservé quant à un rapprochement avec Hutchison. Il s’était déjà opposé l’an dernier à l’augmentation de capital proposée par l’homme d’affaires égyptien Naguib Sawiris. Telco détient 22,4% de Telecom Italia. La holding est contrôlée à 46,2% par l’espagnol Telefonica. Generali en détient 30,6%. Les banques Intesa Sanpaolo et Mediobanca ont 11,6% chacune.

L’Etat italien aura également son mot à dire. Il possède une action spécifique qui lui procure un droit de veto sur certaines décisions du conseil d’administration. Il pourrait s’opposer à ce que le réseau de téléphonie fixe passe entre les mains d’un acteur étranger. Telecom Italia a d’ailleurs indiqué hier qu’il a demandé aussi à sa direction d’étudier la faisabilité d’une scission du réseau fixe.

Si elle était approuvée par le conseil, la fusion devrait également franchir la barrière des autorités de la concurrence. Le groupe ainsi créé détiendrait un peu moins de 50% du marché italien du mobile, qui passerait de quatre à trois opérateurs. Le rapprochement créerait 3 milliards d’euros de synergies pour Telecom Italia, selon Exane BNP Paribas, soit 30% de sa capitalisation boursière.

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