Les «utilities» plaident pour une communauté européenne de l'énergie
Les «utilities» européennes sonnent l’alerte. Les dirigeants de neuf des plus grands groupes d’électricité et de gaz européens (Enel, Eni, E.On, Gas Natural, GasTerra, GDF Suez, Iberdrola, RWE et Vattenfall) ont fait part de leurs inquiétudes sur la situation du marché de l’énergie devant le Parlement européen hier. «Les efforts des énergéticiens pour réaliser les indispensables investissements dans le secteur ont été entravés par l’incertitude sur la rentabilité de ces investissements en raison notamment de l’absence de cadre politique clair, prévisible et objectif», se plaignent les dirigeants, représentés hier par Gérard Mestrallet, le PDG de GDF Suez, et par Paolo Scaroni, son alter ego chez Eni.
Pénalisées par la diminution de la consommation d’énergie, en raison de la crise mais aussi de la concurrence des énergies renouvelables, et par la baisse des prix qui favorise le charbon par exemple, les utilities européennes ont réduit de 30% leurs investissements de croissance entre fin 2008 et fin 2013, soit un montant de 13 milliards d’euros, selon les estimations de Morgan Stanley. A cela s’ajoutent les 7,8 milliards d’euros de mesures d’économies opérationnelles annoncées ces derniers mois, soit 9% de leur Ebitda estimé pour 2013.
Une cure d’austérité drastique destinée à restaurer la génération de cash-flows. Mis à part 2010, chaque année depuis 2008 s’est soldée par un cash-flow sectoriel négatif. En cumulé, en six ans, le secteur a essuyé un peu plus de 100 milliards d’euros de cash-flows nets négatifs. Selon ces groupes d’énergie, plus de 30.000 MW de capacités gazières, soit 30 centrales nucléaires, ont dû être fermées ou mises sous cocon ces dernières années faute de rentabilité.
Face à «l’urgence» de la situation évoquée par Gérard Mestrallet, les dirigeants ont appelé hier de leur vœu la création d’une «communauté européenne de l’énergie». Dans leur viseur notamment, les énergies renouvelables, soutenues par des aides publiques. Les utilities proposent par exemple un ajustement des subventions publiques à la production d’électricité renouvelable afin de refléter les besoins réels du marché. Une autre proposition vise à relancer le marché européen du carbone.
Le lobbying ne fait que commencer et s’annonce intense en prévisions des Conseils européens de février et mars 2014 qui doivent aborder les questions de l’énergie.
Plus d'articles du même thème
-
Les ETF actifs atteignent un nouveau record d’encours à 2.560 milliards de dollars
Quelque 1.019 ETF actifs, commercialisés par 253 sociétés différentes, ont été lancés au cours des six premiers mois de 2026. -
Vodafone réjouit les investisseurs en relevant ses prévisions
L’opérateur télécoms britannique a publié des résultats supérieurs aux attentes et relevé ses objectifs annuels après la montée au capital de l’africain Safaricom. Une bonne nouvelle pour son nouvel actionnaire de référence Xavier Niel. -
Le crédit poursuit sa bonne dynamique en zone euro
Les prêts aux entreprises non financières ont continué sur leur lancée en rythme annuel avec +4% en juin comme en mai, tandis que les prêts aux ménages ont progressé au rythme de 3% sur un an pour le septième mois de suite.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
Contenu de nos partenaires
-
L'amour du risquePourquoi la Corée du Nord pourrait envoyer 30 000 soldats de plus en Ukraine
Selon le président Zelensky, Pyongyang aurait accepté de fournir de nouveaux contingents d'hommes pour suppléer l'armée russe -
Série (10/28)Un été d'essais politiques : Jacques Delors, le malentendu
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
La City contre-attaqueLondres, indétrônable place financière européenne – ou presque
SERIE. Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations de la City de Londres. Le Brexit puis le Covid ont ébranlé la position de cette place financière, longtemps considérée comme sans rivale en Europe et des plus influentes au monde. Dix ans après le référendum, le centre du pouvoir financier britannique s’est adapté à ces bouleversements