Les «utilities» en Europe plébiscitent les instruments hybrides pour optimiser leur dette
Les «utilities» européennes poursuivent la diversification de leur profil de dette en capitalisant sur l’appétit des investisseurs institutionnels pour les instruments hybrides. Enel a ainsi émis la semaine dernière l’équivalent de 1,6 milliard d’euros d’obligations subordonnées hybrides afin de consolider sa structure financière. La première tranche d’un milliard d’euros, d’une maturité de 61 ans, est remboursable à partir du 15 janvier 2020, tandis que la seconde tranche de 500 millions de livres sterling pourra être rachetée par anticipation à partir du 15 septembre 2021.
Jusqu’à cette échéance, la souche en euros offrira un coupon fixe de 5% et celle en sterling un taux d’intérêt annuel de 6,625%. Outre des niveaux de rémunération inférieurs aux fourchettes indicatives, une sursouscription de plus de 6 fois pour la tranche en euros et d’environ 9 fois pour la part en sterling confirme la réussite de ce placement. Sur un objectif fixé à 5 milliards d’euros d’ici à 2015, «cette émission porte à l’équivalent de 4,2 milliards d’euros le montant des instruments hybrides émis par l’électricien italien depuis septembre 2013», relèvent les analystes crédit de Natixis.
Le succès de cette opération pourrait conduire EDF à accélérer son projet d’un nouveau refinancement. L’énergéticien français chercherait à émettre prochainement 3 souches obligataires classiques en dollars à 3 ans, 5 ans et 30 ans ainsi qu’une souche hybride en dollars remboursable à partir de 2024, selon Bloomberg. Le montant de la tranche hybride serait inférieur aux 6,2 milliards d’euros émis par ce biais sur l’ensemble de 2013, précisent les analystes CreditSights. Mais ils soulignent que le groupe «pourrait désormais viser un programme global d’émissions hybrides d’au moins 12 milliards d’euros», contre un total de 10 milliards auparavant ciblé.
Ces 12 milliards correspondraient au montant des actifs du groupe qui ne génèrent actuellement aucun cash flow positif et pour lesquels EDF «juge qu’un financement hybride est particulièrement approprié», poursuit CreditSights. Le bureau d’analyse a calculé qu’à fin 2013, environ 60 milliards d’euros de titres hybrides avaient été émis par des sociétés non financières et que les «utilities» de la zone euro représentaient environ 45% de ce marché, EDF pesant à lui seul 10% du total.
Plus d'articles du même thème
-
Les ventes de Danone dépassent les attentes mais les volumes faiblissent dans plusieurs régions clés
Le groupe a bénéficié d'effets prix favorables alors que ses volumes ont reculé en Europe, en Amérique du Nord et en Chine. -
Apport-cession : arrêtons l’hypocrisie d’une mesure anti-abus
Une plus-value jamais encaissée, taxée le jour où l’on transmet son entreprise : l’article 5 du projet de loi de finances pour 2027 fait d’une mesure anti-abus un impôt sur la transmission. -
Stellantis réduit sa perte nette et confirme sa feuille de route pour 2026
Le groupe automobile dirigé par Antonio Filosa a redressé ses comptes au 3e trimestre et divisé sa perte nette à 453 millions d'euros.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
DiagnosticProgressisme contre illibéralisme : les leçons de Jean-Christophe Cambadélis
Grand défenseur de la social-démocratie, l'ancien dirigeant du PS explique pourquoi le progressisme perd sa centralité et les élections face au national-populisme -
Benjamin Netanyahu en tête, aucune majorité claire : les premiers résultats des élections en Israël
Ce mercredi matin, plus de la moitié des bulletins étaient dépouillés et la coalition de droite menée par Benjamin Netanyahu serait en tête avec 56 sièges, contre 48 pour celle d’opposition de Gadi Eisenkot, sachant qu’il faut 61 sièges pour avoir une majorité absolue à la Knesset -
L'air du largeA Bonn, ex-capitale de Guerre froide qui s’inquiète pour l’avenir
De retour de l'ancienne capitale allemande, notre chroniqueur y a constaté l'inquiétude des europhiles, notamment sur l'état des relations franco-allemandes