Les trésoriers de grandes entreprises demandent davantage à leurs banques
L’exigence des trésoriers d’entreprise s’accroît à mesure que leur fonction prend une importance croissante chez les grands groupes. Une étude réalisée pour le cabinet de conseil BCG et BNP Paribas montre que la fonction s’est largement étoffée durant la crise au sein des multinationales. Mais les banques ne se montrent pas à la hauteur des attentes que ces nouvelles responsabilités suscitent, et doivent adapter leur offre.
Fonction support avant la crise, le trésorier d’entreprise a pris une place stratégique dans les grands groupes et les multinationales. «En plus du cash management et de la gestion des investissements, les responsabilités de la trésorerie incluent désormais souvent la dette et le financement, la gestion du risque financier et les stratégies de couverture. De plus, environ 50% des trésoriers s’occupent d’activités connexes, comme le risque de crédit et le financement du commerce, et 25% supervisent des activités d’assurance et de conformité», relève l’étude, conduite auprès de 500 trésoriers et directeurs financiers dans le monde. La gestion des risques au quotidien est leur première priorité.
Le processus de décision se centralise donc au niveau du groupe, les filiales étant cantonnées à l’exécution. «Le trésorier groupe devient le premier propriétaire de la relation avec la banque transactionnelle, un changement qui va demander aux banques d’adapter leur relation-client», souligne le BCG. Les trésoriers se focalisent aujourd’hui sur trois domaines: le financement des fournisseurs, la centralisation de trésorerie (cash-pooling, en place dans 50% des cas) et la création d’usines de paiement centralisées, semblables à des banques «internes» (35% l’envisagent).
Problème, les trésoriers d’entreprise «ne sont pas satisfaits du service qu’ils reçoivent», et ne voient «aucune banque être en tête du marché sur la qualité de service». La capacité des banques à coordonner leurs services dans plusieurs pays, leur gestion des incidents et leur créativité figurent au premier rang des exigences. Les trésoriers attendent aussi beaucoup de la digitalisation, notamment pour l’analyse des données, et 75% se disent prêts à externaliser des fonctions.
En revanche, l’usage du paiement mobile à des fins professionnelles ne les convainc pas.
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