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Les tensions sur la potasse grandissent entre Moscou et son voisin biélorusse
Les tensions sur la potasse grandissent entre Moscou et son voisin biélorusse
Le directeur général du producteur russe Uralkali a été arrêté hier à Minsk sur des soupçons d’abus de pouvoir. Il est passible de 10 ans de prison
Publié le
Yves-Marc Le Réour
La tension n’en finit pas de monter entre Moscou et Minsk après la dissolution de leur cartel dans la potasse en juillet dernier. Vladislav Baumgertner, directeur général du premier producteur de potasse russe Uralkali, a ainsi été arrêté hier en Biélorrussie, a rapporté l’agence russe RIA Novosti. Egalement membre du conseil de surveillance de l’entreprise nationale Belarus Potash Co (BPC), le dirigeant est soupçonné d’abus de pouvoir. «Il est passible de 10 ans de prison s’il est déclaré coupable», a déclaré Pavel Traulko, qui représente le bureau biélorusse des enquêtes. L’action Uralkali a reculé de 3,4% à la Bourse de Moscou après l’annonce de cette interpellation, portant son repli à environ 27% en moins de deux mois.
Un porte-parole d’Uralkali a affirmé que l’arrestation avait eu lieu après une rencontre avec le Premier ministre biélorusse. «Il était à Minsk à l’invitation du Premier ministre Miasnikovitch. Il a eu un entretien avec lui, et plus tard il a été interpellé à l’aéroport», a précisé ce porte-parole. La réaction ne s’est pas fait attendre du côté russe, le vice-Premier ministre Igor Chouvalov stigmatisant un acte «inapproprié» et «vraiment hors des limites», tandis qu’Uralkali a dénoncé «une provocation outrageante».
La potasse, servant à la fabrication d’engrais, est une source précieuse de devises pour la Biélorussie qui a gardé une économie de type soviétique, largement contrôlée par l’Etat. La dissolution de ce cartel, qui pourrait entraîner une chute de 25% des cours au deuxième semestre à environ 300 dollars la tonne, fait craindre une guerre des prix sur un marché depuis longtemps aux mains de quelques fournisseurs. BPC, coentreprise entre Uralkali et Belaruskali, contrôlait ainsi plus de 40% des exportations mondiales de potasse. Uralkali, qui dispose des coûts de production parmi les plus bas du secteur, a finalement jugé plus intéressant de faire cavalier seul.
«La Biélorussie pourrait faire pression sur Uralkali pour que ce dernier lui laisse au moins un accès au marché chinois cette année», juge Elena Sakhnova, analyste chez VTB Capital à Moscou. Les cours de Bourse d’autres producteurs de potasse se sont paradoxalement redressés hier dans l’espoir d’un arrangement entre les deux pays, comme en témoigne l’action du fabricant allemand K+S (Kali & Salz) qui a terminé la séance en hausse de 4,3% à Francfort.
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