Les tensions sur la dette française touchent par ricochet le financement des industriels
Comme le montre l’exemple d’Auchan, ou celui de Vivendi qui a émis hier 1 milliard d’euros (500 millions à 4 ans avec un coupon de 3,87% et 500 millions à 7 ans avec un coupon de 4,875%), la dette des grands émetteurs français continue d’attirer les investisseurs. Vallourec, pour une émission inaugurale, devrait également se présenter sur le marché ces prochains jours.
Pourtant, les tensions sur la dette souveraine française commencent à faire tache d’huile sur le marché obligataire des groupes industriels français. L’écart de rendement entre leurs titres et ceux émis par leurs concurrents allemands s’est fortement creusé. Sensible depuis plusieurs semaines, la dérive s’est amplifiée ces derniers jours parallèlement à celle de la dette de la France.
Hier, le «spread» sur les obligations France Télécom d’échéance 2022 (3,375%) est monté juste au-dessus des 140 points de base (pb) quand celui de Deutsche Telekom restait stable à 120 pb. Début octobre, le rapport de force entre les deux opérateurs de télécoms était totalement inverse, le «spread» du français évoluant autour de 120 pb et celui de l’allemand au-delà des 160 pb.
«Cette différence de spreads en faveur de l’opérateur allemand est d’autant plus étonnante que la vente de T-Mobile USA à ATT semble rencontrer de sérieuses difficultés en matière de maintien de la concurrence, indiquent les analystes crédit d’Aurel Etc Pollak. Or, cette vente est la raison principale des perspectives et de la surveillance positive que portent les deux agences de notation sur les notes de Deutsche Telekom». Seule la crise de la dette française peut donc expliquer ce brusque écartement.
Les grands groupes allemands ne vont pas s’en plaindre. Au contraire. «L’écart concurrentiel entre les constructeurs allemands et les constructeurs européens hors Allemagne (Fiat, Peugeot, Renault) se creusera rapidement, grâce au différentiel dans le coût du refinancement», avance par exemple la recherche de Tullett Prebon.
Ces analystes vont même jusqu’à penser que «l’Allemagne semble profiter de la crise pour renforcer sa compétitivité industrielle en laissant le plus longtemps possible les taux italiens à des niveaux élevés. L’Allemagne a donc probablement un intérêt à ne pas trop soutenir ses voisins en difficultés pour maintenir l’écart en compétitivité».
Plus d'articles du même thème
-
Bertrand Kleinmann (TAE de Paris) : « Nous encourageons les chefs d'entreprise à pousser la porte du tribunal dès les premières difficultés »
Dans l'entretien du mois, Bertrand Kleinmann, vice-président du Tribunal des activités économiques de Paris, analyse les défaillances d'entreprises et le rôle de sa juridiction dans la prévention et la détection de ces dernières. Avec notamment la création d'une cinquième chambre de procédures collectives en 2026. -
Forvia confirme sa feuille de route pour 2026
Au troisième trimestre, les ventes de l'équipementier automobile ont moins reculé que celles du marché. Il vise toujours un chiffre d'affaires compris entre 20 et 21 milliards d'euros cette année. -
Alstom coupe à la hache dans ses objectifs annuels et s'effondre en Bourse
En raison de difficultés rencontrées dans un programme de trains régionaux, le groupe a fortement réduit ses ambitions pour son exercice décalé 2026-2027. Son titre plonge de plus de 20%.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
« Aucun de nous n’est en situation d’être au second tour » : Gabriel Attal défend sa primaire malgré l’opposition d’Edouard Philippe
Malgré son recul dans les intentions de vote, le président d'Horizons a refusé dimanche soir la proposition de son homologue de Renaissance d’organiser un scrutin pour départager les candidats de la droite et du centre -
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 2 novembre ?
Le salon EquipHotel, rendez-vous des professionnels de l’hôtellerie, ouvre aujourd’hui ses portes jusqu’au 5 novembre, la maison Gervais Chardin, fondée en 1754, renaît avec six eaux de parfum, Arnaud Lallement signe un nouveau volume des « Recettes originales » chez Robert Laffont… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Les femmes sont-elles l’avenir du luxe ?
Pendant des décennies, le luxe ciblait la gent féminine sans vraiment lui donner la parole. Les femmes étaient les muses des campagnes publicitaires, les silhouettes des défilés, les destinataires supposées des sacs, des bijoux ou des parfums. Si elles inspiraient le récit, elles l’écrivaient rarement. Mais ça, c’était avant.