Les Spac peinent à retrouver l’engouement du marché
On le croyait disparu, emporté dans le tourbillon de la crise financière, mais le Spac (Special purpose acquisition company) vit encore. En témoigne l’acquisition du leader européen du surgelé Iglo Foods par Nomad Holdings, annoncée lundi, pour 2,6 milliards d’euros.
Comme son nom l’indique, un Spac est un véhicule introduit en Bourse dans le seul but est de réaliser une, voire plusieurs acquisitions. Il dispose d’un délai fixé à l’avance pour réaliser sa première transaction – deux ans en général, renouvelable 12 mois dans le cas de Nomad.
Les fonds nécessaires proviennent de l’argent levé à l’occasion de l’IPO, de la conversion éventuelle des warrants associés (quasi systématiquement) et de l’éventuel produit d’émissions de dette ultérieures. D’où la capacité des Spac à acquérir des cibles d’une valeur supérieure. Nomad avait par exemple levé 500 millions de dollars en avril 2014 (362 millions d’euros à l’époque).
Nés dans les années 1980 aux Etats-Unis et associés à de multiples fraudes, les Spac ont fait leur retour à la faveur de la bulle financière dans les années 2000. Selon SPAC Analytics, 24 millions de dollars avaient été levés à travers un unique véhicule en 2003; le montant a atteint un record de 12,1 milliards de dollars en 2007, via 66 structures. Crise oblige, l’engouement est retombé à 36 millions deux ans plus tard. Ces opérations ont fait leur retour depuis trois ans, sans jamais égaler les années fastes (1,45 milliard en 2013 et 1,75 milliard en 2014). Depuis le début de l’année, trois Spac ont collecté un total de 493 millions de dollars.
Ces véhicules peinent à convaincre à long terme. Les 121 Spac qui sont parvenus à réaliser une acquisition au cours de ces 12 dernières années affichent un rendement annualisé de -16,5%, selon SPAC Analytics, tandis que 76 Spac ont été liquidés.
Le talent de leurs initiateurs est aléatoire – contrairement aux structures d’investisseurs professionnels, comme les fonds de capital-investissement, pourtant elles-mêmes pas exemptes d’erreurs. Les Spac sont surnommés «entreprise de chèque en blanc» ou «private equity du pauvre», parce que les cibles sont inconnues au moment de l’IPO et que leurs promoteurs peuvent toucher jusqu’à 20% du capital levé en frais de gestion et commissions simplement, en schématisant, pour trouver une cible.
En outre, le Spac souffre d’une très forte concentration, contrairement à un fonds détenant un portefeuille d’actifs diversifiés.
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