Les services postaux américains ne peuvent éviter une restructuration
Ni la neige, ni la pluie ni la chaleur, ni l’obscurité de la nuit ne peuvent empêcher ces lettres de remplir le prompt achèvement de leurs desseins finaux» indique la façade de l’immeuble des services postaux à New-York. Pourtant, une crise de liquidité vient faire vaciller cette devise. Anticipant des pertes de 14,1 milliards de dollars pour l’année fiscale 2012, l’US Postal Service (USPS), sous tutelle de l’Etat mais censé gérer ses finances de manière autonome, aurait engagé des discussions avec Moelis & Co., Rothschild et Perella Weinberg Partners afin de le conseiller sur ses options de restructuration de ses activités, selon Bloomberg qui cite des sources proches. Rothschild a conseillé le Trésor pour la restructuration de General Motors, Perella Weinberg Partners pour celle d’Ally Financial et Moelis & Co a été précieux dans la restructuration de la dette de 24,9 milliards de Dubai World finalisée l’an dernier.
Le groupe a annoncé hier avoir encaissé une perte nette de 5,1 milliards de dollars sur l’exercice fiscal 2011, avec l’augmentation de l’usage de l’Internet et les difficultés économiques persistantes. Les dirigeants de la poste américaine ont rappelé la gravité de la situation, alors qu’un paiement annuel de 5,5 milliards au gouvernement fédéral, initialement prévu pour le 18 novembre, a dû être reporté à une date ultérieure. Le volume du courrier a reculé de 1,7% en 2011, soit une chute de plus de 20% sur les cinq dernières années, et devrait reculer de 5,9% l’année prochaine selon les prévisions du groupe. En 2010, la perte nette se montait déjà à 8,5 milliards.
L’US Postal «sera à court de liquidités ou dangereusement fermée» d’ici le 30 septembre 2012 si le Congrès n’agit pas pour résoudre ses problèmes financiers actuels, a même indiqué hier soir le directeur financier, Joseph Corbett, depuis le quartier général du groupe à Washington. L’USPS a déjà engagé CB Richard Ellis pour l’aider à céder des actifs immobiliers. Autre cible, la réduction des coûts salariaux qui pèsent 80% des dépenses du groupe, contre 60% pour United Parcel Service et 40% pour FedEx. Mais les marges de manœuvre sont réduites dans ce domaine, les syndicats ayant verrouillé des clauses de non-licenciement dans nombre des 560.000 contrats à plein temps que compte le groupe. Un gel des salaires sur deux ans a déjà été négocié avec les syndicats.
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