Les semi-conducteurs ont encore quelques mois difficiles devant eux
L‘année 2012 sera difficile.» Peter Wennink, le directeur financier du groupe néerlandais ASML, a confirmé hier les inquiétudes concernant le marché mondial des semi-conducteurs. Détenteur d’environ 70% du segment des machines à lithographie qui servent à fondre les puces électroniques, l’équipementier fait figure de bon indicateur avancé. Alors que les ventes mondiales de semi-conducteurs ont brutalement décroché en 2010, après un violent rebond l’année précédente, elles pourraient commencer à se redresser dans le courant du deuxième trimestre 2012, le temps que les stocks encore sur les étagères des grands fabricants finissent par se résorber.
Jérôme Ramel, spécialiste des semi-conducteurs chez Exane BNP Paribas, estime que les revenus de l’industrie devraient stagner cette année et rebondir de 2% l’an prochain. Une prévision nettement plus sombre que le consensus actuel, prévoyant deux croissances annuelles successives de 7%. Deutsche Bank partage cette prudence. Les analystes de la banque allemande s’attendent, dans l’ensemble, à des résultats sans grande surprise pour le troisième trimestre mais redoutent des prévisions sur la défensive pour la fin de l’année 2011. Alors que l’indice Soxx des semi-conducteurs a repris 13% en sept séances, après un plongeon de 31% depuis la catastrophe de Fukushima en mars qui avait rompu la chaîne d’approvisionnement de l’industrie, Deutsche Bank n’exclut pas une correction dans les prochaines semaines.
«Toutefois, beaucoup d’informations négatives sont déjà intégrées dans les prévisions du consensus ainsi que dans les niveaux de valorisation, ce qui pourrait, sans garantir à coup sûr un rebond, au minimum permettre au secteur de performer en ligne», relativisent les analystes de Natixis. Ils rappellent que «le mois de septembre a été marqué par de nombreux avertissements», comme celui de l’américain Texas Instruments. Dans ce contexte, STMicroelectronics «se paye 0,5 fois le chiffre d’affaires, en ligne avec le plus bas de 2008» et l’allemand Infineon se traite «à 3 fois sa valeur d’entreprise sur ebitda, également en ligne avec 2008».
Enfin, comme le rappelle Citigroup, les groupes de semi-conducteurs ont les moyens de traverser encore quelques mois difficiles. La trésorerie de STMicro représente 20% de sa capitalisation boursière. Pour Infineon, le ratio monte à près de 40%.
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