Les scissions connaissent une activité record en Europe
Réduites à un encéphalogramme plat – ou presque – au cours des cinq années qui succédèrent à la crise financière de 2007-2008, les scissions (ou spin-off) de sociétés cotées ont la faveur des directions d’entreprises dans la zone Europe-Afrique-Moyen-Orient. Après une année 2014 record en valeur (10,3 milliards de dollars à la date du 21 août pour 10 transactions), 2015 atteint à son tour des sommets à la même date, avec 15 scissions, selon Dealogic.
L’activité est donc plus dynamique que jamais, même si, en montant, les transactions sont inférieures de 40% (à 6,1 milliards) à la même période en 2014. Les plus fortes baisses sont le fait des secteurs des transports (-70%), de l’énergie et des services aux collectivités (-40%). Cette année, le secteur le plus dynamique est celui des télécoms, qui représente, à travers deux opérations (dont le spin-off de l’espagnol Cellnex Telecom du groupe Abertis), 3,4 milliards de dollars. L’activité devrait continuer pour le reste de l’année, comme en témoigne l’intérêt que manifestent les investisseurs activistes comme Carl Icahn (à la tête d’Icahn Enterprises) ou Bill Ackman (Pershing Square) pour les marchés européens, après avoir été particulièrement actifs aux Etats-Unis en 2014. A la recherche de rendements élevés, ils poussent à ce type d’opérations. En outre, les bouleversements réglementaires dans certains secteurs motivent également les directions d’entreprise.
Parmi les opérations en suspens ou pressenties, on peut noter la scission annoncée l’an dernier par le producteur d’électricité E.On, celle de la division margarine et pâtes à tartiner d’Unilever, ou encore le projet de cotation des activités de plastiques de Bayer. Une séparation de l’opération télécoms britannique BT est également à l’étude du côté du régulateur britannique.
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