Les salaires fixes et variables des patrons sont équivalents des deux côtés de l’Atlantique

Les montants des stock-options attribuées sont trois fois plus élevés aux Etats-Unis qu’en Europe occidentale, selon une étude Pedersen
Bruno de Roulhac
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Alors que le gouvernement a plafonné par décret le mois dernier la rémunération brute annuelle des dirigeants d’entreprises publiques à 450.000 euros, et qu’il promet à la rentrée un projet de loi pour encadrer les salaires des patrons du privé, le cabinet de recrutement Pedersen & Partners a récemment dévoilé une étude sur les rémunérations de dirigeants d’Europe occidentale et des Etats-Unis.

Les membres du comité exécutif d’une des 100 plus grandes sociétés européennes ou américaines touchent en moyenne 1,31 million d’euros par an, 630.000 euros en fixe, et 683.000 euros en variable. Toutefois les mieux payés perçoivent un fixe de 3 millions d’euros, qui s’accompagne d’un bonus de 7 millions, voire davantage.

Entre les deux côtés de l’Atlantique, le montant perçu est globalement le même. Toutefois, si les parts fixe et variable sont équivalentes en Europe, aux Etats-Unis, la part variable pèse près de 60% de l’ensemble de la rémunération. La vraie différence réside dans l’octroi de stock-options, dont le montant est trois fois plus élevé aux Etats-Unis. Un tiers des cadres dirigeants du Top 100 américain touche pour plus d’un million d’euros d’options par an.

«La taille des responsabilités constitue le critère le plus déterminant de la rémunération», constate Conrad Pramboeck, de Perdesen & Partners. Puis le salaire croît en fonction du chiffre d’affaires et du nombre de collaborateurs. Ainsi, la rémunération d’un exécutif du Top 100 est sept fois plus élevée que celle des patrons des autres entreprises du Top 200, qui gagnent en moyenne un peu moins de 200.000 euros par an. L’écart de salaires entre les cadres supérieurs de ces deux catégories peut même aller jusqu’à 40 fois!

Proxinvest a déjà fait ce constat pour la France. En 2010, les rémunérations totales des patrons du CAC 40 ont bondi de 34% à plus de 4 millions d’euros, alors que celles des dirigeants du SBF 250 hors SBF 120 ont baissé de 17% à 500.000 euros.

En outre, les rémunérations des cadres dirigeants ont augmenté l’an dernier de 5%, contre seulement 3,5% pour les autres salariés, alors que celles des patrons du Top 100 ont progressé de 8,8%, constate Pedersen. Sur les cinq dernières années, les salaires de l’exécutif du Top 100 ont crû deux fois plus vite que ceux des autres employés. «Cette tendance va probablement se poursuivre au cours des prochaines années», anticipe Conrad Pramboeck.

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