Les rumeurs d’entrée de minoritaires dans les filiales de GDF Suez se multiplient
GDF Suez ne cesse de bruire de rumeurs autour de l’ouverture du capital de ses différentes filiales ! L’énergéticien français envisagerait d’accueillir de nouveaux actionnaires au sein de GRTgaz, sa filiale de transport de gaz, selon Le Figaro. Le groupe s’est refusé à tout commentaire. La possibilité de l’ouverture du capital de GRTgaz n’est pas nouvelle et «avait déjà été évoquée lors d’un conseil avant l’été, rappelle une source proche du dossier. La réflexion reste pour le moment très en amont». Déjà lundi, GDF Suez avait démenti une prochaine introduction en Bourse de sa division Exploration & Production, tout en s’abstenant de commenter une possible ouverture du capital à des partenaires industriels ou financiers.
GDF Suez accueillerait de nouveaux actionnaires chez GRTgaz pour financer le développement des activités. En 2009, les investissements de GRTgaz se sont élevés à 658 millions d’euros, 40% en maintenance et 60% en développement. Avec 32.200 kilomètres de canalisations et 25 stations de compression, GRTgaz a dégagé en 2009, 110 millions d’euros de résultat net, pour 727 millions d’Ebitda, et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Mais GDF Suez ne peut céder une participation qu’à un acteur public car l’arrivée d’actionnaires privés au capital de GRTgaz nécessiterait un changement de loi. Cela «limite fortement la possibilité de réaliser une opération de cession nettement au-dessus de la valeur de la Base d’Actif Régulé (BAR) estimée à 6,3milliards d’euros à fin 2010», note Aurel BGC. Ainsi, une entrée à hauteur de 30% rapporterait environ 2 milliards d’euros, soit la moitié du programme de cessions d’actifs annoncé par le groupe. Pour l’heure, Le Figaro évoque une possible entrée de la Caisse des dépôts et de CNP Assurances, sa filiale à 40%.
Les analystes stigmatisent une nouvelle fois l’ouverture de capital d’une filiale – avec déjà Suez Environnement, International Power, et peut-être Exploration & Production. Celle-ci permettrait de réaffecter des capitaux sur d’autres activités mais conduirait à accroître la décote de holding sur la valeur du groupe GDF Suez. «Ce serait refaire le chemin à l’envers de la stratégie mise en œuvre entre 1999 et 2005 marquée par le rachat des minoritaires (Sita, Elyo, Degrémont, SGB-Tractebel-Electrabel, etc.) et la disparition de la décote, note Raymond James. Une décote de 10% sur l’ANR actuel justifierait un objectif de cours de 27 euros, soit le cours actuel».
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