Les retraits de cote devraient se maintenir au niveau élevé de 26 en 2012
A l’heure de la crise des financements, le retrait de cote peut représenter une opportunité. «Sans faire l’apologie du retrait de la cote, il faut des flux entrants et des flux sortants dans un marché boursier. Depuis quatre ans, la Bourse ne remplit plus son rôle de financement, les entreprises n’y voient que des contraintes, et s’interrogent sur une sortie de Bourse au regard de leur faible valorisation», a rappelé Eric Forest, gérant chez Oddo Corporate Finance, lors d’une table ronde co-organisée avec Eight Advisory, Orrick Rambaud Martel et CFnews.
De fait, de 10 retraits en 2010, la Place de Paris est passée à 26 en 2011 (dont plus d’un quart sur Alternext) et vraisemblablement autant en 2012. La plupart suivent une offre publique d’achat simplifiée (OPAS), tandis que les opérations de retrait historique – offre publique de retrait (OPR) suivie d’un retrait obligatoire (RO) – continuent à progresser (9 en 2011 et déjà 8 pour 2012). Signe des temps, les retraits s’inscrivent cette année presque exclusivement dans un cadre de processus industriel et/ou de réorganisation actionnariale, alors qu’en 2011 les processus financiers représentaient la moitié des deals.
Sur 117 offres lancées à Paris entre 2009 et 2012, 71 ont conduit à un RO, avec une prime moyenne de 39% sur le cours moyen trois mois (36% en cas de rachat par un fonds de private equity), constate Eight Advisory. Une prime tombée à 28% au second semestre 2011 et remontée à 47% en 2012. Toutefois, quand ce RO suit le rachat de minoritaires la prime n’est que de 21%, alors qu’elle est de 59% après l’acquisition du contrôle de la société.
Sur 2009-2012, 17 projets de RO ont échoué ou ont été contestés. Les raisons sont multiples. Le blocage était dû à des actionnaires familiaux chez Fala et Tharreau ou à des fonds chez Metrologic et Radiall. Fait exceptionnel, l’expert indépendant n’a pas jugé équitable le prix du RO dans l’affaire Metrologic.
Pour Radiall, la justice se prononcera le 14 décembre sur la demande de la société de sortie de la cote, sans rachat forcé des minoritaires. Nyse Euronext a en effet la possibilité de la décider. «Si les tribunaux reconnaissaient cette radiation, une nouvelle voie s’ouvrirait», explique Alexis Marraud des Grottes, avocat associé Orrick Rambaud Martel.
Pour sa part, Prowebce a dû trouver une solution alternative, afin que certains de ses actionnaires ne perdent pas le bénéfice du régime fiscal Tepa.
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