Les rémunérations des dirigeants du FTSE 100 sont au plus bas depuis cinq ans
Outre-Manche, la question des rémunérations des dirigeants suscite toujours autant d’intérêt auprès des actionnaires et du public. Cette semaine, pas moins de deux études ont passé au crible les émoluments des dirigeants du FTSE 100, les 100 capitalisations les plus importantes outre-Manche.
En 2018, la rémunération médiane aurait ainsi atteint 3,4 millions de livres, comparé à près de 4 millions de livres l’année précédente (-13 %), selon des données produites séparément par Deloitte et le CIPD, l’organisme de représentation des personnels RH britanniques en collaboration avec le High Pay Centre. Soit le niveau le plus bas depuis 2014. «Depuis la mise en oeuvre des régimes de vote et de reporting en 2014, nous avons constaté une stabilisation des niveaux de rémunération et un changement significatif dans la simplification des salaires», explique Stephen Cahill, vice-président chez Deloitte : «les horizons prévisionnels ont été prolongés, et dans le cadre de la grande majorité des régimes d’intéressement à long terme, les dirigeants doivent maintenant attendre cinq ans pour recevoir des actions».
Des résolutions chahutées en assemblée générale
Cette tendance à la stabilisation s’est d’ailleurs reflétée lors de la dernière saison des assemblées générales : le nombre d’entreprises du FTSE 100 dont le rapport de rémunération a reçu moins de 80% de votes favorables s’est réduit de moitié sur une année en passant de 13 à 7%, selon Deloitte. Standard Chartered a fait partie des entreprises chahutées : plus d’un tiers des actionnaires de la banque ont ainsi voté contre sa nouvelle politique de rémunération, et tout particulièrement contre le traitement de faveur dont a bénéficié le directeur général Bill Winters en matière de retraite.
Deloitte signale aussi que près d’un tiers des dirigeants du FTSE 100 n’ont pas obtenu d’augmentation de leur salaire de base : les hausses de salaires médians étant en effet restées autour de 2%. Les bonus sont également restés stables et ont représenté une médiane de 70% maximum des salaires en 2018 comparé à 72% en 2017.
Deloitte a cependant noté un changement de taille : seules 5% des entreprises du FTSE 100 opèrent désormais plus d’un plan d’intéressement sur le long terme comparé à près de la moitié en 2014.
Malgré cette stabilisation, le CIPD observe que les enveloppes des dirigeants du FTSE 100 représentent plus de 117 fois le salaire médian d’un salarié britannique à plein temps, soit 29.574 livres (32.330 euros). Les femmes, qui représentent 6% des dirigeants du FTSE 100, perçoivent seulement 4,2% des rémunérations totales. C’est cependant un peu mieux que l’an dernier où les sept femmes dirigeantes gagnaient 3,5% de l’ensemble des rémunérations…
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