Les refinancements arrangés par les emprunteurs ont le vent en poupe
Les grandes entreprises organisent de plus en plus par elles-mêmes le montage de leur syndication de crédit, limitant alors le rôle des banques à celui de simple contrepartie ou de coordinateur. C’est le cas du crédit multidevise de 4 milliards d’euros conclu avant-hier par GDF Suez avec 18 banques internationales, largement sursouscrit à travers un club deal.
Se substituant à des lignes de crédit non tirées venant à échéance en 2012, ce crédit revolving d’une durée de 5 ans servira avant tout de support aux programmes de financement à court terme du groupe (billets de trésorerie). Le fait que ce refinancement ait été arrangé directement par l’entreprise (self arranged loan) n’est pas étranger à la marge initiale payée aux banques «de moins de 50 points de base au-dessus de l’Euribor», selon une source interne à l’entreprise interrogée par L’Agefi.
De son côté, Sanofi-Aventis cherche également 12 à 15 banques pour refinancer de la même manière d’ici à la mi-juillet au moins 6 milliards d’euros de lignes de crédit existantes, sous la forme d’un «crédit revolving multidevise d’une durée de 5 ans», précise à L’Agefi Jean-Marc Podvin, porte-parole du groupe pharmaceutique.
Les dernières statistiques de Dealogic font d’ailleurs état d’un nombre (31 opérations) et d’un montant record de crédits syndiqués arrangés en interne depuis début 2010 (voir graphique). Ces self arranged loans atteignent au niveau mondial 31,6 milliards de dollars depuis janvier, en progression de 16% sur un an avant même la prise en compte des opérations de GDF-Suez et Sanofi-Aventis qui rajouteraient 10 milliards d’euros à ce total.
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