Les réductions d’effectifs de Siemens seront pénalisantes vis-à-vis d’Alstom
A deux semaines de la remise attendue de sa proposition officielle de rachat sur Alstom, Siemens est loin d’en avoir terminé avec les conséquences de sa restructuration interne. Son plan stratégique «Vision 2020», qui cible un milliard d’euros d’économies par an, concernera potentiellement 11.600 postes sur un effectif de 359.000 salariés à l’heure actuelle. Le groupe allemand a précisé que ce chiffre de 11.600 postes, dévoilé par le président du directoire Joe Kaeser, ne correspond pas au nombre d’emplois qui seront effectivement supprimés. «Déplacer des postes d’un secteur ne signifie pas forcément les supprimer», a souligné un porte-parole de Siemens.
Environ 7.600 postes chargés de la coordination des secteurs seront directement concernés par la réorganisation du groupe autour de 9 divisions contre 16 actuellement, tandis que 4.000 autres sont le résultat de doublons dans l’analyse régionale des activités, a déclaré Joe Kaeser. Le nombre exact de postes éliminés sera déterminé ultérieurement, à l’issue de négociations avec les représentants des salariés. Ces réductions d’effectifs s’ajouteront aux 15.000 suppressions de postes annoncées depuis 2012 par le conglomérat allemand, qui ont abouti à la destruction effective de 4.000 emplois. Le plan stratégique de Siemens prévoit par ailleurs la gestion séparée de son pôle santé et l’introduction en Bourse de ses opérations de prothèses auditives.
Quel qu’en soit le résultat, cette annonce constitue un signal défavorable envoyé aux pouvoirs publics français sur le dossier Alstom, alors même que General Electric semble avoir regagné du terrain en promettant la création d’un millier d’emplois en France. «Il a été possible de constater que la proposition de General Electric s’est précisée, s’est améliorée, s’est renforcée», a déclaré mercredi dernier un porte-parole de l’Elysée à l’issue d’un entretien entre le président de la République François Hollande et Jeff Immelt, PDG du groupe américain.
La cure de minceur approfondie de Siemens, qui n’épargnera sans doute pas son siège social munichois, devrait d’autre part inciter les syndicats allemands à durcir leurs positions. Ils avaient déjà indiqué que le projet d’échange des activités de production de locomotives du groupe allemand contre les actifs d’Alstom dans l’énergie et le ferroviaire ne serait acceptable que si les deux sociétés garantissent le maintien des effectifs au sein des entités concernées.
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