Les réductions de coûts vont continuer dans le transport aérien en Europe
La perte d’exploitation trimestrielle réduite publiée hier par Lufthansa (-167 millions d’euros contre -240 millions à fin mars 2014) n’empêche pas la compagnie allemande d’envisager de nouvelles baisses de coûts. La faiblesse de l’euro et la hausse des charges de retraite ont débouché sur une augmentation de 7% des dépenses de personnel, compensant en partie les 209 millions d’euros d’économies réalisées sur le carburant. Une nouvelle diminution du taux d’actualisation a en outre fait bondir en trois mois de 41% le montant des provisions pour retraites à 10,2 milliards, alors que la dette nette a diminué de 15% sur la période à 2,9 milliards.
Si la première compagnie européenne a confirmé son objectif d’un résultat d’exploitation opérationnel supérieur à 1,5 milliard d’euros pour l’exercice en cours, le numéro deux Air France-KLM se contente de viser «une baisse du coût unitaire de 1 à 1,3%» et une dette nette de 4,4 milliards d’euros en fin d’année (contre une dette de 4,7 milliards après l’émission hybride réalisée en avril). Il a fait état la semaine dernière d’une perte d’exploitation trimestrielle de 417 millions, après -445 millions à fin mars 2014, en prévenant que cette année, «la totalité des économies attendues sur la facture carburant pourrait être absorbée par la pression sur les recettes unitaires et les effets de change négatifs».
Les analystes de Citigroup, qui tablent pour Air France-KLM sur un repli annuel de 2% de la recette unitaire par passager à taux de change constants, jugent que le transporteur «est en retard sur la concurrence» concernant ses baisses de coûts. Ils soulignent que son coût unitaire hors carburant, mesuré en équivalent siège kilomètre offert (ESKO) et à monnaies constantes, «a reculé de 0,5% en 2014 et progressé de 1,5% au premier trimestre 2015, tandis que celui d’IAG (hors Vueling) a respectivement diminué de 2,4% et de 2,7%». La baisse de 1,5% par an du coût unitaire qu’ils anticipent pour le groupe franco-néerlandais «pourrait être menacée par la lenteur des négociations avec les syndicats».
La meilleure maîtrise des coûts d’IAG «a contribué à une hausse de ses parts de marché vers l’Amérique latine», ajoutent ces analystes. Le transporteur anglo-espagnol a affiché pour la première fois de son histoire un résultat opérationnel positif au premier trimestre, grâce à la baisse des frais de carburant et à l’amélioration des performances de British Airways, Iberia et Vueling.
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