Les promesses de l’agrochimie suscitent une cascade d’opérations de rachat
La croissance démographique mondiale fait naître des défis considérables en termes d’offre alimentaire. Ce contexte ne manque pas d’attiser l’appétit des groupes chimiques, tant le développement du secteur agrochimique apparaît prometteur, en volumes comme en régularité des revenus. La semaine passée, plusieurs opérations financières ont témoigné de la course à la taille qui semble s’imposer désormais de par le monde.
Le numéro un de la chimie, l’allemand BASF, a ainsi jeté son dévolu sur le spécialiste américain des pesticides Becker Underwood. Une acquisition réalisée auprès de la société de private equity Norwest Equity Partners pour quelque 1,02 milliard de dollars. Une valorisation qui représente 4 fois environ des ventes attendues à 402 millions cette année. Cette plus importante opération de croissance externe de BASF depuis 2010 répond au souhait du groupe d’atténuer sa dépendance envers ses clients industriels traditionnels. Le prédateur allemand n’a pas manqué de souligner la croissance rapide de la demande en solutions scientifiques de la part de groupes agroalimentaires soucieux de faire croître les rendements.
L’analyste Laurent Favre chez Bank of America Merrill Lynch a salué la création d’un leader mondial dans le traitement de semences, Christian Faitz chez Macquarie jugeant le prix payé raisonnable au regard de la croissance attendue.
Le lendemain, jeudi, le néerlandais DSM a annoncé être entré en négociations exclusives avec l’américain Cargill pour le rachat de sa division de cultures et d’enzymes, à destination des industries de produits laitiers et de la viande. Vendredi, enfin, c’est le groupe suisse Syngenta qui a annoncé le projet de lancement d’une offre visant les titres du belge Devgen pour un montant total de 403 millions d’euros. Le prix de 16 euros offert pour chaque action de la société biotechnologique, active notamment dans le riz hybride ou les insecticides, représente tout de même une prime de 70% par rapport au cours de clôture de la veille de l’annonce.
Syngenta se prévaut d’ores et déjà du soutien du conseil d’administration de la cible ainsi que d’actionnaires totalisant 48% du capital. L’offre reste toutefois conditionnée à l’apport de 80% des titres. Syngenta avait déjà mercredi fait part de l’acquisition de la société américaine Pasteuria Bioscience pour 86 millions de dollars.
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