Les procédures de prévention des difficultés apparaissent trop complexes
Le cabinet Deloitte et l’Association pour le retournement des entreprises (ARE) ont publié hier les résultats d’une enquête réalisée fin 2010 par OpinionWay auprès de 300 dirigeants d’entreprises d’au moins 100 salariés en France. L’objectif était d’analyser leur perception des difficultés économiques que peuvent rencontrer les sociétés et leur appréciation sur les procédures de prévention existantes.
Si près de 90% des responsables interrogés estiment avoir une organisation interne leur permettant d’anticiper des difficultés, 52% d’entre eux déclarent être en mesure de détecter des problèmes potentiels de trésorerie «à un horizon de 3 mois au maximum», ce qui tend à relativiser l’efficacité des procédures utilisées. «La culture ‘cash’ des entreprises est moins développée en France que dans les entreprises anglo-saxonnes», commente Vincent Battle, responsable de l’activité Reorganisation Services de Deloitte.
L’interlocuteur privilégié est le banquier pour 36% des sondés, 42% d’entre eux étant prêts à engager un dialogue avec ce partenaire plus de 3 mois avant une impasse prévisible de trésorerie. Vient ensuite l’expert-comptable cité par 19% des responsables, devant le commissaire aux comptes (16%) qui fait jeu égal avec l’Etat et les collectivités locales. 64% des entreprises disent cependant connaître les différents organismes (Ciri, Oséo, Médiation du crédit, CDC et ses fonds d’investissements ad hoc) mis en place par les pouvoirs publics pour soutenir les sociétés en difficulté, 74% jugeant leur intervention efficace.
La principale pierre d’achoppement concerne les procédures de prévention des difficultés jugées trop complexes par les non-initiés. Alors qu’une précédente enquête de l’ARE en juillet 2007 avait montré que 60% des entreprises s’estimaient bien informées sur des procédures amiables comme le mandat ad hoc ou la conciliation, cette proportion est retombée à 56%. Les dirigeants interrogés sont toujours aussi nombreux (75% contre 76% mi-2007) à souhaiter «une part plus importante de négociation directe avec les créanciers».
La plupart des entreprises restent malgré tout confiantes, puisque 86% des responsables interrogés n’envisagent pas de devoir recourir à des procédures de prévention. La moitié des dirigeants estiment même que leur entreprise verra son chiffre d’affaires croître en 2010, de 9% en moyenne par rapport à 2009.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions reviennent avec confiance vers les actions
Les actions pèsent de nouveau la moitié du portefeuille du Panel Allocation. Ce regain s'opère au détriment de l’obligataire et du cash. -
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : pour son premier meeting, Gabriel Attal promet « la force d’agir »
Devant près de 5 000 personnes, samedi 30 mai au Parc des Expositions, à Paris, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique, l’éducation ou encore l’IA. S’il souhaite percer dans cette campagne, il refuse d’appeler « adversaires » ses rivaux du socle commun, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau -
Edgar Morin, sociologue et philosophe de renom, est mort à l’âge de 104 ans
Figure médiatique, le philosophe Edgar Morin appartenait à une gauche moderne. Mort à 104 ans, vendredi 29 mai, il était considéré comme le dernier grand intellectuel français -
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France