Les pressions réglementaires incitent les « utilities » à arbitrer leurs actifs
Confrontés à des pressions politiques et réglementaires grandissantes, à des besoins d’investissements élevés et à la nécessité de conforter leur structure financière, certains ex-monopoles électriques et gaziers européens se sont engagés dans une réorganisation de leur portefeuille d’activité. Au cours des derniers mois, GDF-Suez a par exemple ouvert le capital de ses activités d’infrastructure gazière et d’exploration-production à des partenaires extérieurs. La semaine dernière (voir ci-dessous), le belge Fluxys a annoncé la reprise de certains actifs d’Eni dans les infrastructures de gaz naturel en Italie, en Allemagne et en Suisse. Cette cession répond aux engagements pris à l’automne 2010 par le groupe italien auprès de Bruxelles.
Ce mouvement devrait perdurer car «la génération de cash est devenue la priorité pour le secteur en Europe», estimaient hier les directeurs financiers de plusieurs «utilities», lors d’une conférence organisée par KPMG. La sortie du nucléaire en Allemagne, qui va fortement pénaliser la rentabilité du secteur, rend les acteurs d’outre-Rhin particulièrement sensibles à cet impératif. Alors que deux tiers de la facture électrique d’un ménage allemand sont désormais constitués de taxes, ces acteurs s’interrogent sur l’intérêt de rester présents dans la fourniture d’électricité, dont les marges sont bien plus faibles que dans la production ou même la distribution.
La mise en place à l’échelle européenne de consortiums, dans lesquels peuvent rentrer des fonds d’infrastructures, constitue une alternative à des cessions d’actifs pour assurer les besoins d’investissements dans la sécurité énergétique (terminaux méthaniers, interconnexions électriques et gazières) ou dans les énergies renouvelables. Sur ce segment, les transactions en Europe ont été soutenues au premier semestre en raison de conditions de financement favorables et des incertitudes grandissantes entourant le nucléaire.
Néanmoins, à l’instar de la France où certaines subventions ont été réduites, «sans davantage de stimuli gouvernementaux, le niveau des fusions-acquisitions dans le renouvelable, en particulier dans le photovoltaïque, risque de décroître significativement une fois que les projets de construction en cours auront trouvé leurs propriétaires de long terme», précise Wilfrid Lauriano do Rego, Associé KPMG en charge de l’activité Energie, Chimie et Pharmacie.
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