Les porteurs obligataires de Belvédère mettent la pression sur le tribunal de Dijon
Nouveau rebondissement dans le feuilleton Belvédère ! Les porteurs d’obligations à taux variable (FRN), représentés par Bank of New York Mellon, demandent au tribunal de commerce de Dijon de statuer sur le non-respect du plan de sauvegarde du groupe de spiritueux. La justice devrait se prononcer dans les prochaines semaines. Si le tribunal constate le défaut de paiement, cela entraînerait automatiquement une conversion du plan de sauvegarde en redressement judiciaire.
Toutefois, la justice dijonnaise pourrait accorder un moratoire ou exiger le paiement complet du dividende dû en novembre dernier, en imposant la vente d’une partie de l’auto-contrôle (27,4% du capital), valorisé hier autour de 44 millions d’euros. Le plan prévoyait le paiement d’un premier dividende de 43,5 millions d’euros en novembre 2010. Or Belvédère n’a versé que 22,3 millions. Le groupe de spiritueux invoque l’arrêt du 21 septembre 2010 de la cour d’appel de Dijon, qui a arrêté les intérêts de la créance FRN au 15 mai 2003. Aussi, «le montant de la première annuité du plan s’est trouvé mathématiquement fortement réduit et ramené de 39 millions à 23 millions d’euros», en a conclu Belvédère.
En outre, les obligations principales du plan - la cession de Marie Brizard pour 235 millions d’euros nets, et l’émission d’ORA pour 75 millions d’euros - qui devaient être réalisées initialement avant le 30 juin, avant un report au 30 octobre demandé par Belvédère, n’ont toujours pas été effectuées. Le groupe a choisi «pour des raisons stratégiques de ne pas procéder pour l’instant à la cession» de Marie Brizard et des distributeurs polonais, expliquait mi-décembre Belvédère.
Déjà le 9 décembre dernier, le rapport annuel du commissaire à l’exécution du plan constatait que «le débiteur semble vouloir réorganiser, de façon unilatérale, les engagements qu’il avait pourtant lui-même proposé de soumettre à l’avis des créanciers et qui ont été arrêtés par le tribunal».
Cette semonce des obligataires intervient quelques jours après une lettre ouverte de Jacques Rouvroy, PDG de Belvédère, au président de l’AMF, Jean-Pierre Jouyet, fustigeant «les usages» du régulateur, à savoir l’absence de réponse sur des mouvements anormaux constatés sur le titre en novembre et décembre dernier. Comme à son habitude, l’AMF ne communique pas sur ses enquêtes. Il faut attendre la publication d’une éventuelle sanction.
Plus d'articles du même thème
-
La stratégie de TotalEnergies paie à tous les étages
Le pétrolier a confirmé ses objectifs à l'horizon 2030 et donné de la visibilité au-delà. Il annonce aussi une hausse de son dividende de 5% par an sans renoncer à ses ambitions dans l’électricité. -
Les paris sont lancés sur le futur directoire de la BCE
Les deux tiers des postes seront renouvelés d’ici à fin octobre 2027. Les tractations vont probablement s’accélérer en vue d’accords précédant l'élection présidentielle françaises. Pas sûr qu’elles aboutissent cependant avant le départ effectif d’Isabel Schnabel le 3 janvier prochain. -
La ruée vers le Luxembourg grippe les ouvertures de contrats d’assurance-vie
Suscitant un attrait croissant auprès des épargnants français, l’assurance-vie luxembourgeoise voit affluer les souscriptions. Mais les assureurs peinent à suivre le rythme, entraînant un allongement des délais d’ouverture des produits d'épargne.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- Le Crédit Agricole lance avec Amundi son offensive dans le capital naturel
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : Andy Burnham au défi de reconquérir sa base
Les militants du Labour veulent donner sa chance au Premier ministre, dont les débuts à Downing Street sont appréciés. Mais il va devoir présenter rapidement des résultats concrets pour convaincre -
Guerre des nerfsAu procès de Rachida Dati, une défense au bazooka face à de lourdes réquisitions
Les avocats de l'ancienne ministre accusée de corruption dans l'affaire Renault-Nissan ont tenté d'affaiblir la démonstration du PNF sur du lobbying supposé à Bruxelles -
Machine arrièreChoc fiscal : 37 milliards déjà, et ce n'est pas fini...
Selon le nouveau bilan des prélèvements obligatoires dressé par l'Institut Rexecode, les hausses d'impôts enregistrées depuis la dissolution ont déjà annulé la moitié des baisses menées depuis 2014. Sans parvenir à faire diminuer le déficit public pour autant